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Nicaragua : Felix Maradiaga, troisième opposant au président Ortega arrêté en une semaine

Visé par une enquête pour agissements contre la souveraineté du pays et incitation à l’ingérence étrangère, le potentiel candidat à la présidentielle nicaraguayenne Felix Maradiaga a été arrêté mardi. Cette interpellation, qualifiée d'”arbitraire” par Washington, fait suite à celles de Cristiana Chamorro et d’Arturo Cruz, il y a quelques jours.

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La répression s’accentue au Nicaragua à cinq mois de la présidentielle. Un troisième opposant et potentiel candidat à la présidence, Felix Maradiaga, a été arrêté mardi 8 juin après avoir répondu à une convocation du parquet. Il a ouvert contre lui une enquête pour agissements contre la souveraineté du pays et incitation à l’ingérence étrangère, rapporte le ministère public.

Les charges retenues contre M. Maradiaga font partie du nouvel arsenal juridique mis en place en décembre par le président Ortega, qui pourrait briguer un quatrième mandat successif le 7 novembre.

Cette nouvelle loi punit “les actes qui portent atteinte à l’indépendance, à la souveraineté et à l’autodétermination, qui incitent à l’ingérence étrangère dans les affaires intérieures, demandent des interventions militaires, s’organisent avec le financement de puissances étrangères pour commettre des actes de terrorisme et de déstabilisation”.

Avant son arrestation, M. Maradiaga a déclaré n’avoir “rien à cacher” et a nié avoir demandé des sanctions contre le pays, mais contre “des personnes qui ont commis des crimes contre l’humanité” et des violations des droits humains.

Le département d’État américain a immédiatement réagi, qualifiant cette arrestation d’”arbitraire” et le président Daniel Ortega de “dictateur”. “La communauté internationale n’a d’autre choix que de le traiter comme tel”, a réagi sur Twitter la responsable de la diplomatie américaine pour les Amériques, Julie Chung.

Julie Chung réagit à l’arrestation de Maradiaga


Troisième opposant arrêté

Felix Maradiaga, 44 ans, est le pré-candidat de l’Unité nationale (UNAB), une plateforme composée d’organisations de la société civile qui ont soutenu les manifestations de 2018 exigeant la démission du président Ortega et qui ont fait 328 morts.

Il est le troisième opposant et potentiel candidat à l’élection présidentielle du 7 novembre à être arrêté en moins d’une semaine, après l’arrestation mercredi de la journaliste Cristiana Chamorro et celle samedi à son retour des États-Unis de l’ex-diplomate Arturo Cruz.

Ce dernier s’est déclaré il y a deux mois sous les couleurs du parti Alliance citoyenne pour la Liberté (CXL, droite).

Mme Chamorro, assignée à résidence, n’appartient à aucun parti, mais fait figure de principale concurrente à M. Ortega. De nombreux pays ont demandé sa libération immédiate.

“Sous Ortega, le Nicaragua devient un paria international et s’éloigne de plus en plus de la démocratie”, avait déclaré Mme Chung après l’arrestation de M. Cruz, ambassadeur du Nicaragua aux États-Unis entre 2007 et 2009.

Le tribunal électoral, constitué de magistrats proches du parti au pouvoir, le Front sandiniste de libération nationale (FSLN, gauche), a déjà écarté de la compétition électorale le Parti de la restauration démocratique (PRD, évangélique) et le Parti conservateur (PC, droite), l’un des plus anciens du pays.

Avec AFP


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