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Présidentielle au Pérou : Keiko Fujimori en tête au premier résultat partiel

Avec 52,9 % des voix, la représentante de la droite populiste Keiko Fujimori devance, lundi, le candidat de la gauche radicale Pedro Castillo au deuxième tour de la présidentielle. Mais ces résultats sont partiels et les votes issus des campagnes, favorables à Pedro Castillo, devraient resserrer la tendance au cours des prochains jours.

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La candidate de droite populiste, Keiko Fujimori, pointe en tête lors du premier résultat partiel officiel de la présidentielle au Pérou avec 52,9 % des voix contre 47,09 % à son rival de gauche radicale Pedro Castillo, a annoncé, lundi 7 juin, l’organisme électoral (ONPE) à partir d’un décompte portant sur 42 % des 86 488 bureaux de vote.

Étant donné le faible écart entre les deux candidats, il n’est pas certain qu’une tendance se dessine avant le décompte final qui pourrait prendre plusieurs jours. Le résultat est si serré que “nous ne saurons pas avant le dernier bulletin” dépouillé, a déclaré à l’AFP la politologue Jessica Smith. “C’est encore très confus, la différence est trop faible”, a-t-elle ajouté.

Dans le troisième pays d’Amérique du sud par sa superficie (1,28 millions de km²), les 25 millions d’électeurs appelés aux urnes ont voté des villages de la jungle amazonienne aux hauts plateaux andins en passant par les rives du Pacifique.

Pedro Castillo, un ancien instituteur d’un village du nord du pays qui a insisté sur ses origines modestes et provinciales, jouit du soutien de électeurs ruraux dont le décompte des voix n’est pas encore parvenu dans la capitale.

“Nos votes n’ont pas encore été comptés”, a-t-il déclaré dans son fief rural de la région de Cajamarca (nord), à quelque 1 000 km au nord de Lima, où des centaines de partisans se sont rassemblés devant le local de campagne de la ville de Tacabamba.

Une situation sanitaire alarmante

Lors du scrutin dimanche, les deux vainqueurs surprise parmi 18 candidats du 1er tour, le 11 avril, avaient assuré qu’ils respecteraient le verdict des urnes.

“Nous serons respectueux” du décompte des voix, a déclaré Pedro Castillo, 51 ans, lors de son vote coiffé du chapeau blanc typique de sa région d’origine. “Quel que soit le résultat, je respecterai la volonté populaire”, a renchéri Keiko Fujimori, 46 ans, qui a voté dans un quartier de la capitale.

La fille de l’ex-président Alberto Fujimori (1990-2000), qui purge une peine de 25 ans de prison pour corruption et crimes contre l’humanité, se hisse pour la troisième fois au second tour, après deux défaites successives en 2011 et 2016. 

Elle n’avait pas reconnu sa défaite lors de la dernière présidentielle remportée par l’ex-président Pedro Pablo Kuczynski, avant de reconnaître une “erreur”.

Écartelés entre deux extrêmes dans lesquels une majorité avait du mal à se reconnaître, les électeurs d’un pays où le vote est obligatoire étaient surtout préoccupés par les chiffres alarmants de l’épidémie de Covid-19 qui a déjà fait plus de 184 000 morts, faisant du pays andin le 5e le plus endeuillé au monde.

Keiko Fujimori veut gracier son père

Mêmes si les deux candidats franchement antagonistes ont appelé à l’unité, l’après-campagne risque d’être difficile tant chaque camp a alimenté les peurs et a divisé le pays.

Le futur président devra prendre des mesures urgentes pour surmonter la pandémie, la récession économique et l’instabilité institutionnelle chronique du pays dont le PIB à plongé de 11,12 % en 2020.

Il devra s’accommoder d’un Parlement fragmenté, issu des législatives d’avril, et coutumier d’alliances de circonstances qui ont conduit à la destitution de deux présidents : Pedro Pablo Kuczynski, en 2018, et son successeur Martin Vizcarra, en 2020.

Le nouveau président prendra ses fonctions le 28 juillet, jour de la commémoration du bicentenaire de l’indépendance du Pérou, et remplacera le président par intérim Francisco Sagasti qui a exhorté ses compatriotes à “respecter scrupuleusement la volonté exprimée dans les urnes”.

En cas de victoire, Keiko Fujimori deviendrait la première femme présidente du Pérou et la première en Amérique à suivre une dynastie familiale. Si elle perd, elle sera poursuivie en justice, le parquet ayant requis 30 ans de prison dans une affaire de pots-de-vin présumés pour laquelle elle a déjà passé 16 mois en détention préventive.

Elle défend activement l’actuelle loi fondamentale qui garantit le libéralisme économique, promulguée en 1993 par son père à qui elle compte bien accorder une grâce présidentielle

Avec AFP


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