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Covid-19: Au Bangladesh, la quête désespérée d’oxygène


Au Bangladesh, face à la montée du nombre de cas de Covid-19 due à la propagation du variant Delta, le gouvernement a imposé un confinement strict à l’ensemble du pays pour le week-end. À Khulna, devenue l’épicentre de la nouvelle vague de contagions, les hôpitaux n’arrivent plus à faire face au rythme de contamination.

Face à la montée du nombre de cas de Covid-19 due à la propagation du variant Delta, le gouvernement a imposé un confinement strict à l’ensemble du pays pour le week-end des 4 et 5 juillet, espérant ainsi freiner la propagation du virus. Mais à Khulna, au sud-ouest du Bangladesh, les hôpitaux et familles des victimes n’arrivent plus à faire face au rythme de contamination.

Dans la ville de Khulna, devenue l’épicentre de la nouvelle vague de contagions du pays, les bonbonnes d’oxygène vides s’accumulent presque aussi rapidement que les morts. Non loin de l’accueil des urgences de l’hôpital, Mohammed Siddik appelle ses proches, en larmes, pour leur annoncer le décès de son frère de 50 ans.

“Il est mort en suffoquant dans un couloir de l’hôpital” 

Cet entrepreneur de 42 ans a conduit son frère à l’hôpital lorsque sa santé s’est détériorée mais il n’y avait plus ni lit ni oxygène disponibles, relate-t-il à l’AFP. “Il est mort en suffoquant dans un couloir de l’hôpital, à aucun moment ils ne lui ont apporté de l’oxygène”, décrit Mohammed Siddik.

Proche de l’État indien du Bengale-Occidental, Khulna a affronté une hausse soudaine des contagions, provoquée par le variant Delta, détecté en premier lieu en Inde voisine.

L’hôpital public, l’un des quatre de la ville, compte 400 lits mais la demande dépasse désormais largement ses capacités.

“Nous faisons face à une pression énorme au niveau des admissions”, a reconnu Niaz Muhammad, médecin en chef du gouvernement pour la région de Khulna, qui assure de son côté qu’il n’y a aucun problème d’approvisionnement en oxygène.

Pourtant, d’autres témoignages décrivent la mort de proches sans qu’ils aient pu recevoir d’oxygène. “Si seulement ils avaient pu en donner un peu à mon frère, il serait toujours vivant”, regrette Afroza, en pleurs dans la cour de l’hôpital.

Vague de décès

Jeudi, la ville a enregistré 46 décès, selon le décompte officiel, alors qu’elle n’avait jamais été confrontée à plus d’une dizaine de décès lors des vagues précédentes.

Dans cette ville de 680 000 habitants, nombreux sont ceux qui estiment qu’en réalité le bilan est bien plus lourd, les cimetières étant incapables de gérer l’afflux soudain de décès dans les villes voisines, telles que Satkhira.

Employé du cimetière de Khulna, Mohammad Badu assure qu’il n’a jamais été autant occupé en 32 ans de métier: “Le nombre d’enterrements est bien plus important qu’avant.”

Situation critique

Depuis jeudi, la police et l’armée patrouillent dans les rues du pays, qui compte 168 millions d’habitants, afin d’imposer le couvre-feu. Des centaines de personnes sont interpellées chaque jour pour avoir quitté leur domicile.

L'armée bangladaise à un poste de contrôle pendant le couvre-feux imposé pour contenir la propagation du Covid-19, à Dhaka, au Bangladesh, le 4 juillet 2021.
L’armée bangladaise à un poste de contrôle pendant le couvre-feux imposé pour contenir la propagation du Covid-19, à Dhaka, au Bangladesh, le 4 juillet 2021. © Munir Uz Zaman, AFP

Pour les autorités sanitaires, cette nouvelle vague s’explique non seulement par la propagation du variant Delta mais aussi par le refus de la population de porter des masques et de respecter la distanciation sociale.

“Les gens ne veulent pas accepter l’isolement, cela contribue à renforcer la transmission du virus”, assure ainsi Suhas Halder, porte-parole du principal hôpital de Khulna.

Officiellement, le Bangladesh a enregistré 935 000 contagions et 14 9000 décès depuis le début de l’épidémie, mais pour la plupart des habitants ces chiffres sont largement sous-estimés.

Avec AFP

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