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Un héritage défait ? Le nouveau chapitre de la Banque du Bangladesh

Au milieu d’un tourbillon de rumeurs annonçant son remplacement, le gouverneur de la banque centrale du Bangladesh, Ahsan Mansur (photo), a quitté son poste de manière abrupte et sans cérémonie cette semaine.

En se retirant, M. Mansur laisse une économie en proie à l’instabilité et un héritage dont on se souviendra peut-être moins pour ses tentatives de réforme fiscale ambitieuse que pour son hypocrisie et la poursuite d’une politique habituelle qui affecte depuis longtemps le Bangladesh.

Dans une interview accordée à Bloomberg, M. Mansur a déclaré qu’il avait quitté son poste après avoir appris que son mandat à la Banque du Bangladesh prenait fin. Lorsqu’on lui a demandé s’il fallait régler les formalités, il a répondu : “Je le ferai plus tard”.

C’est le genre de remarque qui résume parfaitement le mandat de Mansur à la tête de la banque. Depuis sa nomination, il a supprimé tant de formalités de la banque centrale au nom de la “réforme” qu’il est difficile d’en suivre l’évolution.

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Bien qu’elle ait prétendu mettre l’économie au pas, la Banque du Bangladesh a supervisé une période d’instabilité macroéconomique, un ciblage généralisé et potentiellement illégal des banques et des entreprises, tout en ne parvenant pas à atteindre ses principaux objectifs politiques. Il n’est donc pas surprenant que M. Mansur ait quitté la banque sous le coup de protestations.

Un peu plus tôt, un groupe d’employés de la banque centrale avait protesté devant le siège de la banque et accusé M. Mansur d'”autoritarisme”. M. Mansur a répliqué que les manifestants représentaient un “groupe intéressé” qui tentait de saboter ses efforts de réforme et a tourné en dérision d’autres responsables de la banque en criant à la “conspiration” et à la “propagande”.

Employé de longue date par le FMI, M. Mansur s’est retrouvé à la tête de la banque centrale après que les restrictions d’âge imposées par le pays au poste de gouverneur eurent été levées pour lui permettre d’exercer cette fonction. Le chef du gouvernement intérimaire de l’époque, Muhammad Yunus, lui a accordé un mandat de quatre ans. Tout comme Yunus, Mansur a profité d’une vague d’expertise technocratique, de bonnes intentions et d’une neutralité censée mettre fin à la politique asymétrique.

Mais la conviction que le gouvernement intérimaire était réellement neutre a été rapidement anéantie lorsqu’il a interdit purement et simplement le plus ancien parti politique du pays en vertu de lois antiterroristes restructurées. Mansur a lui aussi perdu ses prétentions à la neutralité lorsqu’il a dirigé ce que l’on pourrait décrire comme une purge à motivation politique.

Sous sa direction, des membres de conseils d’administration de banques ont été brusquement démis de leurs fonctions en raison de liens supposés avec le parti politique susmentionné et ont vu certains de leurs postes occupés par des personnes nommées par la Banque du Bangladesh. Certains des plus grands groupes commerciaux du pays ont été ciblés de la même manière et ont dû répondre à des accusations de malversations. M. Mansur a également supervisé la fusion forcée de plusieurs banques, toujours sous le couvert de réformes nécessaires. Malgré les protestations de plusieurs responsables de ces banques, la banque centrale a poursuivi la fusion et a dû depuis injecter des millions de liquidités tout en sapant complètement la confiance des actionnaires.

Encore une fois, tout cela de la part d’un fonctionnaire nommé par un gouvernement non élu. Il n’est donc pas surprenant que l’action de la BNP puisse indiquer que sa confiance en Mansur a également été ébranlée. Après tout, le gouverneur a été régulièrement critiqué pour sa franchise, dont certains craignaient qu’elle ne sape la confiance du public.

Tout au long de son mandat, les questions relatives aux conflits d’intérêts potentiels se sont multipliées. Lorsqu’il a essayé de faire passer une licence de banque numérique pour une banque privée qu’il présidait auparavant, cette tentative a été tournée en dérision et qualifiée de “désespérée et antidémocratique”. Alors que M. Mansur critiquait régulièrement l’élite bangladaise pour ses investissements à l’étranger, il s’est retrouvé au cœur d’une querelle concernant la propriété d’un appartement à Dubaï dans lequel son nom apparaissait sur les documents de propriété.

Aujourd’hui, Tarique Rahman et le BNP ont un chemin difficile à parcourir. La nomination de Mostaqur Rahman à la tête de la Banque du Bangladesh marque un nouveau chapitre optimiste. On ne peut qu’espérer que les efforts qu’ils déploient apporteront plus de stabilité et de clarté à ce pays plein de potentiel.

3 Comments

3 Comments

  1. Oliver2121

    February 28, 2026 at 10:16 am

  2. Daphne776

    February 28, 2026 at 7:04 pm

  3. Danny2497

    March 1, 2026 at 11:21 am

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