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Covid-19 : Pfizer, Moderna et J&J s'engagent à vendre aux pays pauvres à prix coûtant

Les producteurs de vaccins contre le Covid-19 Pfizer/BioNTech, Moderna et Johnson & Johnson se sont engagés, vendredi, au cours d’un sommet du G20, à fournir à prix coûtant ou réduit 3,5 milliards de doses aux pays les plus pauvres en 2021 et 2022.

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Des milliards de doses à prix coûtant ou réduit. Lors d’un sommet du G20 sur la santé, les compagnies productrices de vaccins contre le coronavirus Pfizer-BioNTech, Moderna et Johnson & Johnson se sont engagés, vendredi 21 mai, à fournir 3,5 milliards de doses aux pays les plus pauvres en 2021 et 2022, et ce à prix coûtant ou réduit.

Environ 1,3 milliard de doses devraient être livrées cette année, le reste en 2022. Elles seront accessibles à prix coûtant pour les pays à faible revenu et à prix réduit pour les pays à revenu intermédiaire, ont précisé les responsables des laboratoires à l’occasion du sommet virtuel organisé par la présidence italienne du G20 et la Commission européenne.

Cette promesse intervient après celle de l’Union européenne (UE). Au cours du même sommet, l’union a promis de fournir 100 millions de doses de vaccin contre le Covid-19 aux pays les plus pauvres, a annoncé la présidente de la Commission européenne.

“Tout le monde, partout” doit avoir accès aux vaccins, a déclaré Ursula von der Leyen à Rome, au début de la réunion, essentiellement virtuelle. “Team Europe entend donner au moins 100 millions de doses aux pays à revenu faible et intermédiaire avant la fin 2021”, a-t-elle ajouté.

De son côté, la France va également donner d’ici la fin 2021 “au moins 30 millions de doses de différents vaccins” au programme Covax, le mécanisme mondial de fourniture de vaccins aux pays pauvres, a annoncé Emmanuel Macron, dans un discours en vidéo devant le même sommet. Début mai, l’exécutif français s’était déjà engagé à attribuer plus de 5 % de ses doses au dispositif.

Le président français s’est aussi dit disposé à soutenir une levée des brevets sur les vaccins, sous réserve qu’un rapport conjoint de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) la juge nécessaire pour accélérer la production dans le monde.

L’accès des pays les plus vulnérables aux vaccins, la solidarité internationale et la prévention des futures pandémies sont au cœur du sommet des chefs d’État et de gouvernement du G20, auquel sont associés la Commission européenne, des États d’Afrique et d’Asie ainsi que 12 organisations internationales et fondations privées.

La déclaration finale du sommet, dite “Déclaration de Rome”, devrait notamment affirmer l’engagement des pays les plus riches à favoriser la production de vaccins en Afrique grâce au transfert de technologie.

“Tandis que nous nous préparons pour affronter la prochaine pandémie, notre priorité doit être de nous assurer que nous surmontons la pandémie actuelle ensemble. Nous devons vacciner le monde, et vite”, a prévenu le Premier ministre italien, Mario Draghi, dont le pays assure la présidence tournante du G20.

Pas de soutien d’une suspension des brevets

Le texte ne devrait cependant pas soutenir l’idée controversée d’une suspension provisoire des brevets des laboratoires pharmaceutiques pour les vaccins, mais plaider en faveur du “partage volontaire des licences” et de la levée des obstacles aux exportations.

La suspension des droits exclusifs des brevets est encouragée par Washington mais les 27 ont déjà exprimé leur scepticisme, mettant en avant la longueur et la complexité du processus.

Ils appellent en revanche les États-Unis, grand producteur mais n’ayant exporté pratiquement aucune dose, à lever ses restrictions sur l’exportation de vaccins.

Le Fonds monétaire international (FMI) a toutefois proposé, vendredi, un plan destiné à mettre fin à la pandémie, dont le financement est estimé à 50 milliards de dollars. Celui-ci vise également à faire vacciner au moins 40 % de la population mondiale d’ici la fin de l’année et 60 % d’ici 2022. “Notre proposition fixe des objectifs, évalue les besoins de financement et définit des actions pragmatiques”, a résumé Kristalina Georgieva, la directrice générale de l’organisation à l’occasion du sommet.

Mario Draghi et Ursula von der Leyen sont à Rome tandis que les autres participants, dont Bill Gates, l’OMS, l’Union africaine, l’OMC et la Banque mondiale, interviennent par lien vidéo. Le président chinois, Xi Jinping, devrait également s’adresser aux participants.

Le sommet de Rome se tient à la veille de la 74e Assemblée mondiale de la Santé (du 24 mai au 1er juin) dont le principal enjeu est la réforme de l’OMS et sa capacité à coordonner la réponse aux crises sanitaires mondiales et prévenir de futures épidémies.

Cette réforme est au cœur des discussions après un rapport d’un panel indépendant rendu public la semaine dernière, qui a jugé que l’OMS avait trop tardé à sonner l’alerte et qu’il aurait été possible d’éviter la catastrophe qualifiée de “Tchernobyl du XXIe siècle”.

La pandémie du nouveau coronavirus a fait plus de 3,4 millions de morts dans le monde depuis son apparition fin décembre 2019, selon le dernier bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles.

Avec AFP


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