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Génocide en Bosnie : Radovan Karadzic pourra finir de purger sa peine au Royaume-Uni

Actuellement détenu aux Pays-Bas, l’ex-dirigeant des Serbes de Bosnie, condamné à la prison à vie pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité, va être transféré sur le sol britannique, a annoncé Londres, mercredi.

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Radovan Karadzic pourrait quitter les Pays-Bas pour le Royaume-Uni. Londres a accepté, mercredi 12 mai, le transfert sur son sol de l’ex-dirigeant des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, condamné à la prison à vie pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité, pour purger sa peine.

Âgé de 75 ans, Radovan Karadzic est actuellement incarcéré dans le centre de détention de l’ONU, à La Haye. Il attend d’être transféré dans une prison située à l’extérieur des Pays-Bas, où il doit purger sa peine pour son rôle, notamment, dans le massacre de Srebrenica lors de la guerre de Bosnie (1992-1995).

“Radovan Karadzic est l’une des rares personnes à avoir été reconnues coupables de génocide. Il est responsable du massacre d’hommes, de femmes et d’enfants lors du génocide de Srebrenica et a participé à la poursuite du siège de Sarajevo avec ses attaques sans remords contre les civils”, a souligné le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab.

“Nous devrions être fiers que, du soutien britannique pour son arrestation à la cellule de prison qui l’attend, le Royaume-Uni a soutenu la quête de justice pour ces crimes haineux pendant 30 ans”, a-t-il ajouté.


Figurant parmi les pays avec lesquels la justice internationale a des accords, le Royaume-Uni avait proposé que Radovan Karadzic purge sa peine sur son sol. Radovan Karadzic ne peut le faire dans les cellules de l’ONU à La Haye car il ne s’agit pas d’un centre pénitentiaire.

Arrêté en 2008 après 13 ans de clandestinité

Condamné en première instance en mars 2016 à 40 ans de prison, il a été condamné en appel en 2019 à la prison à vie par la justice internationale. Il a été déclaré responsable de persécutions, meurtres, viols, traitements inhumains ou transferts forcés, notamment lors du siège de près de quatre ans de Sarajevo (plus de 10 000 morts) et lors du massacre de l’enclave de Srebrenica en 1995 (8 000 hommes et garçons exécutés), le pire perpétré en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, que la justice a qualifié de génocide.

Il est également mis en cause dans le déplacement de populations sur des bases ethniques dans plusieurs autres villes du pays.

Après la mort, pendant son procès, de l’ancien président serbe Slobodan Milosevic en 2006, Karadzic est le plus haut responsable à avoir dû rendre des comptes pour la guerre de Bosnie. Il avait été arrêté en 2008 après 13 ans de clandestinité, avant d’être traduit devant le Tribunal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY).

C’est déjà au Royaume-Uni que l’ex-président libérien Charles Taylor, condamné en 2012 à 50 ans de prison pour crimes contre l’Humanité pendant la guerre civile en Sierra Leone (1991-2002), purge sa peine. Aujourd’hui âgé de 73 ans, Charles Taylor avait été transféré en 2013 des Pays-Bas vers la prison de Frankland, un centre pénitentiaire de haute sécurité près de Durham, dans le nord-est de l’Angleterre.


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