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En Russie, des partisans de l'opposant Alexeï Navalny arrêtés devant son pénitencier

Une dizaine de partisans d’Alexeï Navalny, dont sa médecin personnelle, ont été arrêtés mardi alors qu’ils réclamaient des informations sur son état de santé devant la colonie pénitentiaire où il est retenu. De son côté, Amnesty International estime que l’opposant est incarcéré dans des conditions qui équivalent à de la torture et pourraient lentement provoquer sa mort.

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Une dizaine de partisans d’Alexeï Navalny, dont des médecins, ont été interpellés mardi 6 avril par la police russe devant sa colonie pénitentiaire où ils étaient allés réclamer des informations sur l’état de l’opposant, malade et en grève de la faim.

Inquiets pour la santé du principal détracteur du Kremlin, qui selon son avocate a perdu cinq kilos depuis qu’il a cessé de s’alimenter le 31 mars, ses soutiens s’étaient retrouvés en fin de matinée devant le camp n°2 de Pokrov, 100 km à l’est de Moscou. Ils demandaient à voir son directeur et les personnes chargées du suivi de la santé d’Alexeï Navalny, ce dernier ayant dit souffrir de fièvre, d’une forte toux et de douleurs au dos. Sans surprise, les autorités n’ont pas accédé à leur requête.

En milieu d’après-midi, trois fourgons de police sont arrivés pour embarquer les protestataires, parmi lesquels figurait Anastassia Vassilieva, une militante d’opposition et médecin personnelle d’Alexeï Navalny, a constaté une journaliste de l’AFP.

Les dizaines de policiers présents ont emmené dans les fourgons des médecins en blouse blanche et d’autres personnes, dont au moins un journaliste. Selon la police locale, neuf personnes ont été arrêtées pour “troubles à l’ordre public”.

Dans la soirée, Anastassia Vassilieva a été relâchée, selon son équipe. Le journaliste interpellé a également annoncé sur Twitter avoir été relâché quelques heures après son interpellation.

Son état s’aggrave

D’après des informations du média pro-Kremlin Izvestia parues lundi soir, Alexeï Navalny a été transféré dans une unité médicale après l’aggravation de son état, en l’occurrence l’apparition de fièvre et de toux. Aucune confirmation officielle n’a cependant été publiée.

Selon l’avocate d’Alexeï Navalny, Olga Mikhaïlova, la prison ne dispose que d’un aide-soignant et d’aucun médecin. Elle a affirmé lundi que son client pesait 80 kilos, contre 93 à son arrivée dans cette prison et 85 au début de sa grève de la faim.

Depuis son arrivée au pénitencier de Pokrov, qui passe pour être l’un des plus durs de Russie, il accuse ses gardiens de le “torturer” notamment par privation de sommeil.

“Insalubrité et tuberculose”

Alexeï Navalny s’exprime régulièrement sur les réseaux sociaux sans que l’on sache comment ses messages sortent du pénitencier. Il a ainsi raconté lundi qu’un détenu de son baraquement avait été hospitalisé pour tuberculose, le troisième en quelques semaines. “Chaque prisonnier prie Dieu de ne pas se retrouver ici car, à l’intérieur, c’est l’insalubrité, la tuberculose et le manque de médicaments”, a-t-il écrit.

Dans son rapport annuel publié mercredi, l’ONG Amnesty International assure que l’opposant russe est incarcéré dans des conditions qui équivalent à de la torture et pourraient lentement provoquer sa mort. Amnesty International a déploré que le principal détracteur du Kremlin soit privé de sommeil et n’ait pas accès au médecin de son choix en prison.

“La Russie, les autorités russes, pourraient l’avoir placé dans une situation de mort lente et chercher à masquer ce qui lui arrive”, a déclaré à Reuters la secrétaire générale d’Amnesty International, Agnès Callamard, en amont de la publication du rapport annuel. “Clairement, les autorités russes violent ses droits. Nous devons faire davantage”, a-t-elle ajouté. “(Elles) ont déjà tenté de le tuer, désormais elles le détiennent, et lui imposent des conditions de détention qui équivalent à de la torture.”

Avec AFP et Reuters


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