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Haut-Karabakh : un désespoir arménien

En septembre 2020, l’Azerbaïdjan a lancé une guerre éclair dans le Haut-Karabakh, qui a fait des milliers de morts. En six semaines, cette enclave peuplée d’Arméniens a subi une défaite cuisante et s’est vue amputée d’une grande partie de son territoire… Comment les habitants surmontent-ils ce traumatisme ? Quel rôle joue sur place la Russie, qui a parrainé le cessez-le-feu signé le 10 novembre 2020 ? Nos reporters Jonathan Walsh et Mohamed Farhat se sont rendus dans le Haut-Karabakh.

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À Stepanakert, la capitale du Haut-Karabakh, personne n’a oublié le bruit des bombardements, ni l’humiliation de la défaite face à l’Azerbaïdjan. “C’est ma troisième guerre au Haut-Karabakh, que voulez-vous que je vous dise ? On ne  sait pas comment tout ça se terminera. Tous ces morts auront-ils servi à quelque chose ?”, se désole une passante, devant les photos des hommes tombés au combat.

En effet, les Arméniens du Haut-Karabakh ont proclamé leur indépendance dès la fin de l’ère soviétique. Ils étaient jusqu’alors citoyens de l’Azerbaïdjan, pays turcophone à majorité musulmane, mais l’Arménie a imposé cette sécession au prix d’une longue guerre, qui s’est achevée en 1994.

Fin septembre 2020, un nouveau conflit éclate entre les deux anciennes républiques soviétiques. Puissance pétrolière dirigée d’une main de fer par Ilham Aliyev, avec le soutien décisif de la Turquie qui fournit des drones et dépêche des mercenaires venus de Syrie, l’Azerbaïdjan remporte une victoire écrasante en à peine six semaines.

>> À voir, notre Focus : Haut-Karabakh : le coût humain de la défaite arménienne

Au terme d’un cessez-le-feu parrainé par Moscou, entré en vigueur le 10 novembre 2020, la République autoproclamée du Haut-Karabakh – ou Artsakh – a perdu une grande partie du territoire sous son contrôle, en particulier la zone tampon avec l’Arménie, conquise dans les années 90.

Le Haut-Karabakh, ce petit bout d’Arménie qui ne jouit d’aucune reconnaissance internationale, lutte aujourd’hui pour sa survie : “Nous avons le devoir de reconquérir nos terres au nom de tous ceux qui ont versé leur sang, témoigne une autre passante. Que ce soit par la guerre ou des moyens pacifiques.”

>> À voir, notre Focus : Haut-Karabakh : des terres de conquêtes et d’exils


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