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Donbass : “Le Kremlin pense que l'Ukraine pourrait attaquer avec le soutien de Washington”

La situation s’est tendue dans l’est de l’Ukraine ces deniers mois avec l’enregistrement de nombreux cas de violations du cessez-le-feu en vigueur depuis juillet 2020. Jeudi, le président ukrainien a accusé la Russie de masser des troupes à la frontière de son pays. Washington a mis en garde Moscou contre toute tentative d'”intimidation” visant l’Ukraine.

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Les déclarations sur la situation dans le Donbass se multiplient ces derniers jours. Alors que de nombreuses violations du cessez-le-feu, en vigueur depuis juillet 2020 ont été enregistrées depuis le mois de janvier, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé, jeudi 1er avril, la Russie d’accumuler des troupes à la frontière de son pays.

“La démonstration de force sous forme d’exercices militaires et de possibles provocations le long de la frontière est le jeu traditionnel de la Russie”, a-t-il dénoncé dans un communiqué. Washington, pour sa part, a mis en garde Moscou contre toute tentative d'”intimidation” visant l’Ukraine, tandis que le président américain, Joe Biden, promettait vendredi, lors d’un échange téléphonique avec son homologue ukrainien, le soutien “indéfectible” des États-Unis à la souveraineté de l’Ukraine.

“La Russie déplace ses forces armées sur son territoire comme elle l’entend”, a réagi le porte parole du Kremlin, ajoutant que “cela ne représente une menace pour personne et ne doit inquiéter personne”.

Parallèlement, les forces armées russes s’apprêtaient, vendredi, à mener des exercices militaires destinés à repousser une attaque de drones, près de l’Ukraine. Katharine Quinn-Judge, analyste spécialiste de l’Ukraine à l’International crisis group, décrypte pour France 24 les causes de ce regain de tension.

France 24 : Quelle est la situation actuellement dans l’est de l’Ukraine ?

Katharine Quinn-Judge : Les violations du cessez-le-feu se sont multipliées ces derniers mois. L’accord qui a été signé en juillet de l’année dernière était strict et sans précédent. Il limitait considérablement le droit des combattants à riposter aux tirs adverses, ce qui a permis de réduire significativement le nombre de violations pendant un temps. Il y a malgré tout eu des morts. Les cessez-le-feu ne ramènent généralement pas le niveau de violence et de pertes à zéro, mais cet accord a fait une différence vraiment concrète dans la vie quotidienne des personnes vivant sur les lignes de front.

>> À voir : La trêve dans le Donbass, une paix durable ou un conflit gelé ?

Il y a une tendance à Kiev à être cynique et à dire que le cessez-le-feu ne fonctionne pas, qu’il ne change rien. Mais pour les gens qui vivent dans les zones concernées, le cessez-le-feu a un effet réel. Si vous n’entendez pas des tirs du matin au soir, ou si ce n’est plus la première chose que vous entendez le matin en vous levant, alors cela a un effet important sur votre qualité de vie.

Le problème, c’est que le cessez-le-feu ne s’est pas accompagné de progrès dans les discussions politiques. Les négociations entre belligérants sont devenues de plus en plus conflictuelles. Et, lorsque c’est le cas, les parties n’ont plus vraiment de motivations à maintenir le cessez-le-feu.

Les violations du cessez-le-feu se sont multipliées à partir du mois de janvier. Pourquoi selon vous ?

Je ne veux pas trop spéculer sur les effets que le changement d’administration aux États-Unis a pu provoquer d’un côté ou de l’autre. Mais l’idée circule à Kiev aujourd’hui que la Russie serait en train de tester Joe Biden. Et il y a un peu l’idée inverse en Russie, ou parmi les pays soutenus par la Russie, que l’Ukraine serait en train de se préparer à la violence, parce qu’elle sait que Washington la soutiendra contre la Russie, quoi qu’elle fasse.

Il faut considérer ces idées avec beaucoup de prudence. Mais ce qui est certain, c’est que la tension politique entre les deux pays a nettement augmenté ces derniers mois.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé l’arrivée de forces russes à la frontière. De quoi s’agit-il exactement ?

Il y a bien des mouvements de troupes et de matériel à la frontière. Cela ne semble pas faire partie d’un plan d’attaque imminente, mais plutôt d’un avertissement. Le Kremlin a tendance à croire que l’Ukraine pourrait lancer une attaque avec le soutien de Washington, maintenant ou dans quelques mois.

Il s’agit essentiellement d’une démonstration de force. Une manière de dire : “Nous ne savons pas exactement à quoi vous pensez, mais n’y pensez même pas.”

Quelle solution pourrait permettre de revenir au niveau de calme relatif instauré par le cessez-le-feu de juillet 2020?

Aujourd’hui, je ne vois pas comment remettre le cessez-le-feu sur les rails. La Russie a déjà rejeté la dernière tentative des Ukrainiens de s’engager à nouveau dans un cessez-le-feu. Mais des organisations non-gouvernementales, en Allemagne notamment, ont fait des propositions assez convaincantes pour instaurer un mécanisme de surveillance du respect du cessez-le-feu. C’est quelque chose qui pourrait éventuellement fonctionner.

Jeudi 1er avril 2021, 13 violations du cessez-le)feu ont été recensé par le site liveuamap.
Jeudi 1er avril 2021, 13 violations du cessez-le)feu ont été recensé par le site liveuamap.
Jeudi 1er avril 2021, 13 violations du cessez-le)feu ont été recensé par le site liveuamap. © France 24, service infographie.


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