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Les proches d'Alexeï Navalny s'inquiètent de sa grève de la faim

L’annonce de la grève de la faim du pourfendeur numéro un du Kremlin, Alexeï Navalny, qui a réchappé à un empoisonnement, suscite une grande préoccupation au sein de son entourage. L’opposant russe, détenu en colonie pénitentiaire, souffre par ailleurs de problèmes de santé.

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“Nous sommes très inquiets à propos de sa santé et c’est pourquoi nous demandons un accès immédiat à un médecin”, a déclaré, jeudi 1er avril, à l’AFP, Rouslan Chaveddinov, l’un des collaborateurs de l’opposant Alexeï Navalny, détenu en colonie pénitentiaire en Russie.

Principal détracteur du Kremlin, Alexeï Navalny avait annoncé la veille avoir décidé d’arrêter de s’alimenter pour protester contre ses conditions de détention, accusant l’administration pénitentiaire de lui refuser l’accès à un médecin et à des médicaments. Le militant anticorruption de 44 ans affirme aussi avoir été “torturé” par privation de sommeil.

Une nouvelle d’autant plus inquiétante pour les proches de l’oppposant russe que celui-ci souffre déjà de fortes douleurs au dos et a perdu de la sensibilité dans ses deux jambes, et n’a pas reçu, dit-il, de soins adéquats.

“Après un empoisonnement, personne ne sait comment l’organisme peut réagir”

La grève de la faim d’Alexeï Navalny intervient surtout après une longue période d’hospitalisation, après avoir survécu de justesse, il y a moins d’un an, à un empoisonnement dont il accuse le Kremlin. Après trois semaines de coma, il avait passé cinq mois en convalescence en Allemagne. C’est à son retour en janvier qu’il a été interpellé puis condamné à deux ans et demi de prison dans une vieille affaire de fraude qu’il juge politique.

“Navalny a toujours pris très au sérieux des décisions comme celles d’une grève de la faim”, a souligné Rouslan Chaveddinov. “Après un empoisonnement, personne ne sait comment l’organisme peut réagir” à un refus de s’alimenter, a-t-il relevé, “c’est très inquiétant”.

Le Kremlin reste muet

L’administration pénitentiaire a, elle, balayé les inquiétudes concernant la santé de l’opposant, assurant, mercredi, qu’il recevait “toute l’assistance médicale nécessaire” et que personne ne troublait son sommeil, quand lui affirme subir une “torture” par privation de sommeil en étant réveillé huit fois par nuit.

Le Kremlin a dit lui n’avoir “aucun commentaire” à faire.

Si les modalités de la grève de la faim d’Alexeï Navalny ne sont pas connues, il s’agit d’une mesure qui a déjà été utilisée par les détracteurs du pouvoir russe.

Le plus célèbre et récent gréviste de la faim en Russie reste le réalisateur et militant ukrainien Oleg Sentsov, qui a passé près de cinq ans dans un camp russe. Il avait observé une grève de la faim de 145 jours pour exiger la libération des “prisonniers politiques” ukrainiens en Russie, ne se nourrissant que de suppléments nutritionnels et d’injections de glucose. 

Il l’a cessée après avoir été menacé d’être nourri de force, mesure drastique qui, selon la loi, peut se faire oralement, par voie rectale ou par intubation.

Avec AFP


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