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L'UE affirme que le vaccin Astrazeneca ne présente pas de risque spécifique

L’enquête menée par des experts européens sur des liens présumés entre le vaccin incriminé et des caillots sanguins n’a pas trouvé de facteurs de risque spécifique, a annoncé mercredi l’Agence européenne des médicaments. 

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Pas de risque avéré de thrombose lié au vaccin AstraZeneca. Les experts enquêtant sur des liens présumés entre le vaccin incriminé et des caillots sanguins n’ont pas trouvé de facteurs de risque spécifique, y compris l’âge, a annoncé mercredi 31 mars l’Agence européenne des médicaments (EMA). 

Le régulateur européen, qui poursuit ses analyses, a cependant précisé que son comité de sécurité devrait publier des “recommandations actualisées” sur le vaccin controversé après sa réunion mensuelle, prévue la semaine prochaine. 

“Aucun lien causal” 

Mardi, l’Allemagne, comme un certain nombre d’autres pays, a déconseillé l’usage du produit pour les plus jeunes, le réservant aux plus de 60 ans, après le signalement de quelques cas de problèmes de caillots sanguins. Et ce malgré les assurances de l’EMA, qui avait jugé mi-mars le vaccin “sûr et efficace”, estimant qu’il n’était “pas associé” à un risque plus élevé de thrombose. 

“Pour le moment, les examens n’ont pas identifié de facteurs de risque spécifiques tels que l’âge, le genre ou un passé médical incluant des problèmes de caillots sanguins pour ces très rares cas” signalés de complications survenues chez des personnes vaccinées avec l’AstraZeneca, a indiqué l’EMA mercredi dans un communiqué. 

“Aucun lien causal avec le vaccin n’est prouvé. Mais il est possible, et des analyses supplémentaires sont en cours”, a déclaré la directrice exécutive de l’EMA, Emer Cooke, lors d’une visioconférence. 

“Sur la base des connaissances scientifiques actuelles, aucun élément ne soutient la restriction de l’usage du vaccin pour une partie de la population”, a-t-elle assuré. 

Des données parcellaires 

Le gendarme européen du médicament a recensé 62 cas de thromboses veineuses cérébrales dans le monde, dont 44 dans les 30 pays de l’Espace économique européen (UE, Islande, Norvège, Liechtenstein) pour 9,2 millions de doses de vaccin administrées dans cette zone. 

Quatorze décès ont été enregistrés, sans pouvoir toujours être imputables de façon sûre à la thrombose, a ajouté Emer Cooke. 

L’agence a cependant précisé que ces données, parcellaires, n’incluaient pas les statistiques du Brésil – grand utilisateur du vaccin AstraZeneca derrière le Royaume-Uni et l’Inde – et qu’elles s’arrêtaient au 22 mars, sans inclure les cas les plus récents rapportés en Allemagne. 

Concernant la restriction décidée par le gouvernement allemand, l’EMA a renvoyé vers les autorités de ce pays, qui “regardent cette question en se basant sur les vaccins qu’ils ont à leur disposition et les risques pour la population allemande. Ce n’est pas en soi une décision de régulateur sur le produit”, a dit Emer Cooke. 

Balance risques-bénéfices 

“Il est très compliqué de prendre des décisions générales sur la balance risques-bénéfices, car cela dépend du taux d’incidence du Covid auquel une population est confrontée, selon que vous soyez un travailleur médical, un enseignant… Différents facteurs jouent”, a-t-elle expliqué. 

L’EMA s’exprimait après une réunion d’experts lundi pour présenter leurs dernières évaluations du vaccin AstraZeneca. Leurs commentaires seront examinés la semaine prochaine lors de la réunion du comité de sécurité de l’agence. 

Le régulateur européen a réitéré son avis déjà formulé le 18 mars : “Ses bénéfices dans la protection des personnes du Covid-19, avec les risques associés de décès et d’hospitalisation, l’emportent sur les risques possibles”. 

À rebours des pays de l’UE, la Norvège a décidé vendredi de prolonger jusqu’au 15 avril la suspension du vaccin AstraZeneca, ses autorités sanitaires jugeant nécessaire d’approfondir leur examen et disant “soupçonner” un lien de causalité avec “ces effets secondaires très graves”. 

Avec AFP


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