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Josep Borrell sur sa visite à Moscou : “Humilié ? Non. J’ai été agressé par les Russes”

Alors que l’Union européenne a du mal à imposer sa voix dans le monde, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell accorde un entretien exclusif à France 24. Le virus serait-il dangereux aussi pour le multilatéralisme, si cher à l’UE ? L’ancien ministre espagnol des Affaires étrangères et ancien président du Parlement européen revient avec nous sur les dossiers internationaux qui mobilisent l’Union européenne.

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Le chef de la diplomatie européenne revient sur sa visite à Moscou en février : “On invite quelqu’un et on profite de sa visite pour annoncer l’expulsion de diplomates. Ça c’est une agression. C’est une chose qu’on ne fait pas en diplomatie.” Un faux pas diplomatique qui vaut aux relations entre la Russie et l’UE d’être “au point mort”, explique Josep Borrell.

Quant à l’annulation de son voyage au Chili, cela montre selon lui que l'”on n’arrive pas encore à contenir la pandémie”. “Je ne peux pas partir au Chili, qui a vacciné 40 % de sa population, et qui doit pourtant faire face à une nouvelle vague de contamination.”

Josep Borrell défend également l’Union européenne, accusée de bloquer les exportations de vaccins : “Nous avons donné à nos citoyens 80 millions de doses et nous en avons exportés 77 millions. Combien en ont exporté les États-Unis ? Zéro. Combien en a exporté le Royaume-Uni ? Zéro. (…) À qui faut-il en vouloir ?”.

Concernant le coup d’État en Birmanie et la répression qui s’en est suivi, le chef de la diplomatie européenne dénonce “une honte pour l’humanité”. “C’est un massacre de citoyens par son armée.”

L’Union européenne tente également de renouer le dialogue avec la Turquie : “On a décidé de tendre la main à la Turquie, de jeter un pont sur le Bosphore. (…) Donc ne me parlez pas de sanctions, au contraire on envisage une approche positive. Et si l’approche positive ne marche pas, nous verrons ce qu’il faut faire.” Selon Josep Borrell, l’UE ne peut revenir pour l’instant sur la pacte migratoire signé avec la Turquie en 2016 : “Est-ce que vous pensez que les Européens sont prêts à recevoir sur leur territoire 4 millions de réfugiés syriens ? Parce que s’ils sont prêts allons-y ! Mais évidemment ils ne sont pas prêts. (…) S’ils restent en Turquie, il faut aider la Turquie à faire face au coût économique et social que ça représente.”

Émission préparée par Isabelle Romero, Céline Schmitt, Mathilde Bénézet et Perrine Desplats.


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