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La Grèce célèbre le bicentenaire de son indépendance de l'empire ottoman

La Grèce commémore, jeudi, le bicentenaire de sa guerre d’indépendance de l’empire ottoman en présence de quelques dirigeants étrangers. Mais le public ne pourra pas participer aux cérémonies en raison du contexte sanitaire.  

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Athènes a été drapée de 200 drapeaux bleu et blanc pour l’occasion. La Grèce célèbre en grande pompe, jeudi 25 mars, le bicentenaire de sa guerre d’indépendance de l’empire ottoman, en présence de quelques dirigeants étrangers, même si la pandémie de Covid-19 prive le grand public des festivités.

Le 25 mars, fête nationale grecque, marque le début de l’insurrection en 1821 qui conduisit à l’indépendance de la Grèce face à l’empire ottoman deux ans plus tard. 

La capitale est dans l’attente du défilé militaire en costumes d’époque traditionnels. Pour les 200 ans de la révolution grecque, les festivités se déroulent en présence de représentants du Royaume-uni, de la Russie et de la France, les trois grandes puissances qui avaient aidé la Grèce à devenir une État souverain. 

Relations tendues avec la Turquie 

Le Premier ministre russe Mikhaïl Michoustine, le prince Charles, héritier du trône britannique, la ministre française des Armées Françoise Parly, le président chypriote Nicos Anastasiades y assisteront aux côtés de la présidente de la République hellénique, Katerina Sakellaropoulou, et du Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis. Le président français Emmanuel Macron a déploré de ne pas être de la fête, “en raison du contexte sanitaire”

Il a réaffirmé, dans un entretien mercredi à la chaîne publique grecque ERT, son soutien à la Grèce face à la Turquie voisine, qui a multiplié lors des derniers mois les provocations en mer Égée.  

“On doit à chaque instant être aux côtés des alliés européens quand ils sont attaqués dans leur souveraineté, quand ils sont menacés dans leur indépendance, le respect de leurs frontières. C’est ce que la France, d’ailleurs, a fait à l’été 2020”, a-t-il déclaré. 

C’est sur les ruines de l’empire ottoman qu’a été fondée en 1923 la Turquie moderne, un voisin avec lequel la Grèce entretient toujours des relations tendues.  

Les tensions sont montées d’un cran l’été dernier avec l’envoi d’un navire turc de recherches sismiques, dans une zone disputée de Méditerranée orientale considérée riche en hydrocarbures. La France avait déployé temporairement deux chasseurs Rafale et deux bâtiments de la marine nationale. 

Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a, de son côté, souhaité “des canaux de communication ouverts avec la Turquie sans provocations ni actions agressives”. “Athènes reste ouverte mais pas naïve”, a-t-il prévenu, au côté du président chypriote Nicos Anastasiades. 

Prince Charles et Mikhaïl Michoustine 

Le Prince Charles, qui avait auparavant assisté à l’inauguration de la nouvelle Galerie Nationale de peinture, a rappelé “la place particulière qu’occupe la Grèce dans (son) cœur”, puisque c’est le lieu où est né son père. “Aujourd’hui comme en 1821, la Grèce peut compter le Royaume-Uni parmi ses amis”, a-t-il ajouté lors d’un dîner officiel mercredi. 

Le Premier ministre russe Mikhaïl Michoustine s’est également réjoui des liens particuliers historiques entre la Russie et la Grèce, promettant de “continuer à renforcer nos relations en prolongeant cette histoire et cette tradition”. 

Lors du défilé militaire de jeudi, le public n’est pas autorisé à se retrouver dans les rues, la Grèce étant sous confinement depuis presque cinq mois pour endiguer la pandémie de Covid-19 dont les deuxième et troisième vagues ont été beaucoup plus virulentes que celle du printemps dernier. 

Environ 6 000 policiers, drones et snipers ont été déployés à Athènes pour assurer la sécurité et veiller au respect des restrictions de circulation. Deux manifestations prévues en marge de la célébration officielle, l’une de groupes nationalistes et l’autre pour protester contre de récents incidents de répression policière, ont été interdites, selon une source policière. 

“L’École d’Athènes” prêtée par la France

Le traditionnel canon sur la colline du Lycabète, qui surplombe le centre d’Athènes, doit tirer 21 coups jeudi matin avant que les dirigeants étrangers déposent des gerbes devant le monument du Soldat inconnu sur la place Syntagma. 

Dans le ciel d’Athènes, des Rafales français, achetés récemment par la Grèce, et des F-16 américains survoleront l’Acropole. Le porte-avions USS Eisenhower a jeté l’ancre sur la base navale de Souda sur l’île de Crète, tandis que des frégates française et russe se trouvent déjà au Pirée, port au sud d’Athènes. 

La France a aussi prêté à la Grèce une tapisserie du XVIIIe siècle de la manufacture des Gobelins représentant la célèbre fresque “l’École d’Athènes” de Raphaël. Elle a été accrochée lundi au Parlement grec, pendant que continue à trôner une tapisserie jumelle à l’Assemblée nationale. 

Des centaines de volontaires philhellènes ont donné leur vie pour la libération de la Grèce, dont le poète britannique Lord Byron et l’Américain William Townshend Washington, neveu éloigné de George Washington. 

Avec AFP


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