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Paolo Gentiloni : sur les vaccins, il faut “accélérer, accélérer, accélérer”

Cette semaine, alors que les polémiques autour de la vaccination européenne se poursuivent et que des pays reconfinent les populations, nous recevons l’Italien Paolo Gentiloni. Commissaire européen en charge des affaires économiques, il s’exprime sur la stratégie vaccinale de l’UE et ses ratés, sur les prévisions de redressement économique avec le plan de relance européen et sur la nécessaire réforme du pacte de stabilité.

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“On ne doit pas donner l’idée que le fait de travailler ensemble, entre pays européens, est le problème. C’est au contraire la solution”, martèle Paolo Gentiloni, car “si l’on avait fait ce travail sur les vaccins chacun pour soi en Europe, nous serions maintenant dans un cauchemar” affirme-t-il.

“L’acquis commun des vaccins a été une très bonne chose” selon le Commissaire européen, qui rappelle que 100 millions de doses ont été distribuées au cours du premier trimestre 2021 et qu’entre 300 et 400 millions le seront dans le deuxième. “Comment aurait-il été possible de faire tout ça chacun pour soi ?” interroge-t-il, tout en concédant qu’il faut encore “accélérer, accélérer, accélérer” sur les vaccins car, même si tous les pays sont très engagés, “à l’heure actuelle, nous avons vacciné 12% de nos citoyens”. Il faut donc “aller plus vite si l’on veut atteindre notre but de 70% des adultes vaccinés à la fin de l’été”.

La relance économique européenne

Paolo Gentiloni reste convaincu que l’Europe connaîtra une croissance de près de 4% en 2021 et 2022: “C’est un niveau très élevé et nos pays n’y sont pas habitués”, reconnaît-il, “il faut donc utiliser cette possibilité pour améliorer nos économies et les rendre plus durables”. L’Italien rappelle que plusieurs mécanismes européens ont été mis en place pour aider les économies des États membres dont “le programme SURE qui est un très bon test de ce que l’on peut faire ensemble, (…) 19 États membres ont déjà demandé des prêts qui ont bénéficié à 33 millions d’Européens”.

Quant au plan de relance européen de 750 milliards d’Euros, le Commissaire européen reconnaît “qu’il faut l’accélérer”, car, pour le moment, seuls 13 pays ont ratifié l’accord de juillet 2020 sur le plan juridique, et il “espère qu’à la fin avril, on aura reçu la plupart des plans nationaux”.

Alors qu’il y a un an, les règles du pacte de stabilité ont été suspendues, Paolo Gentiloni assure que l’on doit “continuer avec cette politique de soutien à l’économie” et entamer “quand on aura un peu plus de visibilité sur l’avenir de nos économies, la discussion sur la révision des règles”, affirmant qu’il “ne s’agit pas d’annuler la dette ni de changer le Traité, mais de rendre nos règles plus cohérentes” avec la situation actuelle.

Rassurer les Européens

Autre dispositif envisagé, le “certificat vert”, un projet de passeport vaccinal doté d’un QR code qui doit permettre aux populations des Vingt-Sept de voyager dès cet été. Ce “serait une très bonne contribution au soutien des secteurs économiques les plus en difficulté tels le tourisme et la culture.”

Quant aux conséquences de cette crise, il tient à souligner qu’il ne faut pas évaluer seulement les conséquences économiques mais qu’il y a “des conséquences pour la vie de nos concitoyens, pour la vie des plus jeunes, et beaucoup de gens sont très fatigués”. “Il faut aussi donner le message qu’il s’agit là du dernier effort et que grâce au vaccin, on peut dans les prochains mois avoir une situation meilleure et plus ouverte” conclut-il.

Une émission préparée par Mathilde Bénézet, Isabelle Romero, Céline Schmitt et Perrine Desplats


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