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“C'est une grande chance pour le Royaume-Uni d'avoir passé la pandémie dans le marché intérieur !”

À l’issue d’un conseil européen consacré au Brexit et aux relations avec les pays tiers, nous recevons Margaritis Schinas, le vice-président de la Commission européenne et commissaire en charge des Migrants et de la Promotion du mode de vie européen. Brexit, coronavirus, Russie et Turquie sont les grands thèmes que nous abordons avec lui.

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Interrogé sur la crise sanitaire, il reconnaît que “l’Europe doit faire un effort supplémentaire” mais se félicite de la “décision historique” du plan de relance signé au mois de juillet, “point d’ancrage” d’un “nouveau départ” qui a permis aux pays européens de travailler “tous ensemble (…) dans un cadre beaucoup plus coordonné qu’au début de la pandémie”. 

Il regrette cependant l’attitude de la Pologne et de la Hongrie rejetant la contrepartie de l’État de droit, mais affirme que l’Union “va surmonter ce blocage” car il n’est “pas logique de ne pas traduire en action un accord unanime”.

Il se dit “confiant” que le nouveau pacte migratoire “permettra de corriger tous les problèmes que nous voyons aujourd’hui, de l’île de Lesbos à Calais” car “cette proposition combine bien les éléments de responsabilité et de solidarité”. Il conçoit cependant qu’il “faut aider et améliorer la situation dans le camp de Kara Tepe”, en Grèce, et nous informe que l’Union européenne a accepté de “s’engager avec les autorités helléniques dans la construction d’un nouveau camp” et “d’être beaucoup plus impliquée dans la gestion de ce camp qui va remplacer la structure provisoire” et espère arriver à terme à “une politique qui permettra de mettre fin définitivement à une situation qui ne fait pas honneur à l’Europe”.

>> À voir aussi : À Lesbos, les autorités veulent regrouper les migrants

S’agissant du Brexit, il soutient que “si nos amis britanniques sont disposés à partir sans accord, c’est à eux de donner les justifications et les explications et d’en assumer les conséquences” ainsi que “donner des explications à [leurs] citoyens” et que “ce ne sera pas à l’Union européenne de le faire”, car “l’Union européenne fera tout pour arriver à un accord, mais si les Britanniques ne sont pas prêts pour l’avoir, tant pis”.

Il se dit “fier” que “l’Europe occupe un centre important de valeurs de démocratie qui n’accepte pas facilement des tactiques autoritaires ou des attentats contre les dissidents” comme cela a été le cas en Russie, et ce malgré le fait que l’Union soit “composée de 27 États membres qui ont leurs susceptibilités différentes sur des questions différentes et des domaines différents, surtout en matière de politique extérieure.”

Il reconnaît par ailleurs qu’il y a un “consensus émergent au sein de l’Union que la Turquie représente une menace systémique”. Il insiste sur le fait que “tôt ou tard” la Turquie devra faire un “choix stratégique” entre se rapprocher de l’Europe et des pays de l’Otan ou non et que lorsque ce choix sera fait “l’Europe agira en fonction de cette décision”.

Une émission préparée par Isabelle Romero et Mathilde Bénézet.


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