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Le bateau humanitaire Alan Kurdi autorisé à débarquer 125 migrants en Italie

Le bateau Alan Kurdi de l’ONG allemande Sea-Eye devrait débarquer en Sardaigne, vendredi, les 125 migrants secourus à son bord.

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Après avoir fait route vers la France, le navire humanitaire Alan Kurdi devrait débarquer, vendredi 25 septembre, en Sardaigne, les 125 migrants à son bord, selon l’ONG Sea-Eye.

“L’Alan Kurdi vient de se voir attribuer un ‘port sûr’ par le MRCC de Rome (centre de coordination des sauvetages en mer, NDLR). Il s’agit de la ville d’Olbia dans le nord de la Sardaigne”, a indiqué à l’AFP Gorden Isler, le dirigeant de l’ONG bavaroise qui affrète le bateau.

Le navire devrait atteindre le port vendredi vers 6 h du matin (4 h GMT) et pouvoir procéder au débarquement des personnes secourues en mer, parmi lesquelles des enfants, a-t-il ajouté.

À Rome, le ministère italien de l’Intérieur avait affirmé avoir autorisé le bateau à débarquer les personnes à bord.

Cinquante mineurs

“La procédure de relocalisation européenne a été lancée en même temps que l’autorisation à ces requêtes (de s’abriter et de débarquer les migrants, NDLR) : 80 % des migrants secourus seront transférés dans d’autres pays européens”, a assuré le ministère italien dans un communiqué.

La ministre italienne de l’Intérieur Luciana Lamorgese a précisé que seuls 25 des migrants à bord de l’Alan Kurdi resteraient en Italie.

La France avait demandé mercredi à l’Italie de laisser accoster l’Alan Kurdi qui a secouru samedi 133 personnes en Méditerranée, alors qu’il faisait route vers le port français de Marseille, faute d’avoir pu débarquer sur les côtes italiennes.

Huit personnes, dont un bébé de cinq mois, avaient toutefois été évacuées par les garde-côtes italiens. Plus de 50 mineurs se trouvent encore à bord du bateau, dont beaucoup sont des jeunes non accompagnés, selon Sea-Eye.

De jeunes enfants se trouvent aussi sur le navire mais la situation parmi les personnes secourues est qualifiée de “stable” par l’ONG.

“Même si quelques personnes ont dû être soignées pour le mal de mer, il n’y a pas de problèmes graves à bord”, a estimé Sea-Eye.

L’Italie et Malte en première ligne

Le principe du débarquement de rescapés dans le “port sûr” le plus proche, inscrit dans le droit maritime international, revient en général à confier, lors d’opérations de sauvetage en Méditerranée centrale, ce premier accueil à l’Italie ou à Malte.

Le porte-parole du gouvernement français Gabriel Attal avait indiqué, mercredi, que le bateau de Sea-Eye devait “être accueilli dans le port sûr le plus proche”, la France déclinant ainsi implicitement toute possibilité de laisser accoster le navire à Marseille.

“Depuis le début de la crise migratoire, la France ne s’est jamais dérobée à ses responsabilités concernant l’accueil de personnes en détresse qui peuvent se présenter aux frontières de l’Europe”, a ajouté Gabriel Attal, et elle “va continuer à prendre sa part dans cet accueil”.

Cette demande de la France est intervenue le jour de la présentation par la Commission européenne d’un “Pacte européen sur la migration et l’asile”, qui prévoit notamment qu’un mécanisme de solidarité soit déclenché en cas de sauvetage en mer, c’est-à-dire qu’elle réclame que des pays se portent volontaires pour soulager l’Italie et Malte”.

Une augmentation des traversées

Dans ce vaste catalogue de mesures qui doit encore être soumis au vote des Vingt-Sept, Bruxelles recommande aussi que les ONG qui viennent au secours des migrants en détresse soient mises à l’abri des poursuites.

L’année 2020 a vu une recrudescence en Méditerranée centrale des embarcations chargées de candidats à l’exil vers l’Europe, au départ de la Libye ou de la Tunisie.

Entre janvier et fin juillet, les tentatives de traversée au départ de la Libye ont augmenté de 91 % par rapport à la même période l’an dernier, soit un total de 14 481 personnes. Celles au départ de la Tunisie ont bondi de 462 %.

Avec AFP


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