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Pays méditerranéens : état des lieux de la pandémie de Covid-19

Alors que la pandémie de Covid-19 connaît un rebond un peu partout dans le monde, France 24 vous propose un éclairage sur la situation dans le pourtour méditerranéen. Reconfinement, mesures spécifiques au niveau local ou absence de nouvelles restrictions, comment réagissent les autorités de chaque pays face à l’augmentation des cas ?

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Rive européenne

Près d’un million d’habitants de la région de Madrid sont priés, depuis le lundi 21 septembre, “de rester chez eux la majorité du temps”. Ils ne pourront sortir de leur quartier que pour des raisons de première nécessité comme aller travailler, aller chez le médecin ou amener leurs enfants à l’école. Il ne s’agit pas pour autant d’un retour aux sévères mesures imposées au printemps, ont affirmé les autorités. Le Premier ministre, Pedro Sanchez, a assuré “ne pas envisager” de nouveau “un confinement du pays”. Soumise au printemps à l’un des confinements les plus stricts au monde, l’Espagne, avec plus de 30 400 morts recensés au 20 septembre, a vu depuis juillet l’épidémie repartir au galop, jusqu’à devenir le pays ayant le nombre de cas rapporté à sa population le plus élevé de l’UE.

La France connaît depuis plusieurs jours un rebond de l’épidémie de Covid-19.  Le pays a enregistré, le 21 septembre, plus de 5 000 nouveaux cas de Covid-19 en 24 heures, certes moins que la veille, mais le taux de positivité a augmenté pour le troisième jour d’affilée. Lyon, Bordeaux, Marseille… Un peu partout dans le pays, les mesures sont durcies, mais un reconfinement n’est pas envisagé. En région parisienne, où l’épidémie s’aggrave, les autorités sanitaires ont appelé à éviter les rassemblements privés de plus de 10 personnes. Dans le Sud-Est, à Nice, fini les apéritifs sur la plage après 20 h, ainsi que les pique-niques à plus de dix dans les parcs. À Toulouse, les mesures restreignant les activités festives sont aussi renforcées. Face aux longues files d’attente dans les centres de dépistage, les tests salivaires sont désormais autorisés sur tout le territoire, mais uniquement pour les personnes présentant des symptômes.

Alors que le coronavirus affiche un rebond, les Italiens votaient dimanche et lundi par référendum sur la baisse du nombre de parlementaires et pour élire des présidents de régions. À la veille du scrutin, la peur a rattrapé observateurs et présidents de bureau de vote, qui ont massivement déserté dans tout le pays. Ils ont été remplacés à la dernière minute par des employés municipaux, des policiers, des pompiers et des étudiants. Le 21 septembre, l’Italie a enregistré 1 350 nouveaux cas et 17 morts. Les contagions sont en hausse, même si elles sont inférieures aux chiffres enregistrés en France, en Espagne ou au Royaume-Uni.

Le pays a connu la semaine dernière ses plus mauvais chiffres depuis le début de la pandémie, avec six morts et un nombre record de nouveaux cas. Vingt-deux personnes au total sont décédées du Covid-19. Les autorités maltaises ont donc annoncé de nouvelles mesures restrictives. En août, elles avaient ordonné la fermeture des discothèques et bars de nuit pour tenter d’endiguer la hausse des contaminations. Les rassemblements de plus de 15 personnes sont également interdits. Les autorités ont également annoncé la création d’une liste “orange” de pays ou provenances considérés comme présentant un danger modéré. Les voyageurs en provenance des aéroports de Marseille et de Paris devront ainsi faire obligatoirement des tests de dépistage du Covid-19.

Le gouvernement slovène avait déclaré officiellement la fin de l’épidémie dans le pays à compter du 15 mai. Le port du masque est toutefois obligatoire depuis le 25 juin dans tous les espaces publics fermés (ainsi que la désinfection des mains) et dans les transports publics. Les rassemblements dans les espaces publics sont limités à 10 personnes, avec des exceptions autorisant sous conditions 0 à 50 personnes. L’ensemble des commerces, restaurants, bars et services ont rouvert. Seuls les clubs de nuit et discothèques restent fermés.

Les mesures d’auto-isolement ou de mise en quarantaine à l’entrée en Croatie ont été levées, mais, en raison de la recrudescence des cas de Covid-19 dans le pays, les mesures de lutte contre la pandémie sont renforcées depuis le 13 juillet avec notamment le port du masque obligatoire pour certaines catégories d’employés, pour les passagers des transports publics et les clients des commerces, plus un encadrement des rassemblements de plus de 100 personnes. Fin août, après un rebond dû à l’afflux de touristes, des mesures plus strictes ont été prises pour la région de Split-Dalmatie, avec un maximum de 50 personnes autorisées aux cérémonies de mariage et aux funérailles, des festivités et célébrations privées autorisées uniquement dans le cercle familial avec un maximum de 20 personnes et le port du masque obligatoire dans les bars et restaurants.

Au 17 septembre, la Bosnie-Herzégovine avait enregistré 24 605 cas confirmés de Covid-19. Le port du masque n’est désormais plus obligatoire à l’extérieur, mais le reste dans les lieux fermés et une distance d’1,5 m entre les personnes doit être respectée dans l’espace public. L’obligation de port du masque à l’extérieur a également été supprimée dans deux des trois entités qui forment ce pays fédéral. Dans le canton de Sarajevo, le port du masque reste obligatoire à l’extérieur, dès lors que la distance de sécurité ne peut être respectée. Dans la quasi totalité du pays, les rassemblements du plus de 50 personnes à l’intérieur et 100 personnes à l’extérieur sont interdits, et les établissements de restauration doivent fermer à 23 h. Les rassemblements publics officiels sont supprimés dans le District de Brcko et les rassemblements privés limités à 20 personnes.

Le Monténégro a enregistré une hausse des cas de Covid-19 au cours de l’été. Le pays a mis en place des mesures restrictives sur l’ensemble du territoire. Le port du masque est obligatoire à l’intérieur et extérieur des lieux publics, y compris pour les enfants de plus de 7 ans, à l’exception des plages et parcs nationaux sous réserve du respect des mesures de distanciation sociale. Les rassemblements sont limités à 40 personnes dans les espaces publics ouverts et 20 en intérieur.

L’état d’urgence sanitaire a pris fin le 23 juin. Toutefois, certaines restrictions et mesures sanitaires sont maintenues en raison d’une recrudescence du nombre de contaminations dans tout le pays. Les cinémas et les salles de spectacle restent fermés jusqu’à nouvel ordre. L’annulation des activités publiques et privées (activités sportives, culturelles, conférences, etc.) et l’interdiction des rassemblements de masse dans les endroits fermés (concerts, manifestations, auditions publiques, etc.) sont maintenues. Le 20 juillet, le gouvernement a décidé de fermer à nouveau les pubs, discothèques et les bars fermés et d’interdire les performances musicales après 20 h.

Le gouvernement grec a annoncé, le 18 septembre, un renforcement des mesures de protection face à la résurgence des cas de Covid-19 en particulier dans la région d’Athènes. A partir du 21 septembre, et pour les deux prochaines semaines, les cinémas ainsi que les concerts en salles comme en plein air seront fermés. Les rassemblements seront limités à 9 personnes, tandis que les mariages, baptêmes et funérailles ne pourront réunir plus de 20 personnes.  Le gouvernement demande en outre que 40 % des employés des secteurs public et privé travaillent de chez eux, partout où c’est possible. Il est aussi fortement recommandé aux personnes âgées et vulnérables de rester à domicile, à moins d’une absolue nécessité, d’éviter les contacts avec l’extérieur et les transports en commun.

Alors que le nombre quotidien de cas ne cesse d’augmenter dans le pays, les autorités turques ont décidé de renforcer les mesures de lutte contre le Covid-19. Une circulaire a été émise début septembre prévoyant le port du masque obligatoire partout et sur tout le territoire (en dehors des habitations). Elle prévoit aussi l’arrêt de la musique dans les bars et restaurants à partir de minuit.

Rive asiatique

Dans le pays, la plupart des restrictions ont été levées, les déplacements ne sont plus restreints et la plupart majorité des commerces et services fonctionnent moyennant l’observation de précautions sanitaires. Le port du masque est obligatoire dans les transports publics et depuis le 1er août dans les lieux publics fermés. En lien avec l’augmentation de l’incidence des cas confirmés de Covid-19, les autorités chypriotes ont également renforcer leurs contrôles aux frontières. Il a notamment décidé de passer la France de la catégorie B à la catégorie C depuis la fin du mois d’août.  Il est donc désormais interdit pour les personnes en provenance de France d’entrer à Chypre, sauf si vous figurez parmi les exceptions déterminées par les autorités chypriotes.

La Syrie a recensé plus de 3 000 cas de contamination, selon les chiffres du ministère de la Santé. Mais médecins et militants s’inquiètent depuis plusieurs semaines sur les réseaux sociaux d’une explosion du nombre de patients atteints par le virus. L’ONG Human Rights Watch a déploré, début septembre, des failles dans la protection des professionnels de santé engagés dans la lutte contre le nouveau coronavirus en Syrie, estimant que “les chiffres officiels” ne correspondaient pas “à la réalité sur le terrain”. Le ministère de la Santé a reconnu récemment ne pas toujours avoir “la capacité de mener des dépistages à grande échelle dans les différentes provinces”. Comme de nombreux secteurs en Syrie, celui de la santé a été fortement touché par la guerre qui a éclaté en 2011. Fin août, les Émirats arabes unis avaient envoyé une aide médicale en Syrie afin de lutter contre la pandémie de nouveau coronavirus.

Le nombre de nouvelles contaminations a bondi au Liban après l’explosion le 4 août au port de Beyrouth, qui a fait 190 morts et plus de 6 500 blessés, nombre d’entre eux ayant afflué vers des hôpitaux déjà surchargés. Le ministre de la Santé démissionnaire, Hamad Hassan, a appelé les autorités à imposer un nouveau confinement de deux semaines dans une intervention sur la chaîne de télévision Al-Jadeed. Les autorités avaient imposé le 21 août un confinement dans tout le pays sauf dans les zones dévastées par l’explosion, ainsi qu’un couvre-feu nocturne.  Mais face aux protestations du secteur privé, déjà accablé depuis un an par une crise économique sans précédent, les restrictions avaient été assouplies la semaine suivante. L’allègement du confinement a provoqué l’inquiétude des professionnels de la santé.

Premier pays développé à imposer une telle mesure dans l’espoir de juguler une seconde vague de contamination au Covid-19, Israël s’est reconfiné vendredi 18 septembre pour trois semaines, au premier jour de la saison des fêtes juives, provoquant le mécontentement d’une grande partie de la population. Les écoles, les restaurants, les centres commerciaux et les hôtels ont fermé leurs portes et des restrictions de mouvement sont imposées. Les services publics fonctionnent avec des effectifs réduits et les entreprises privées peuvent continuer à exercer, à condition qu’elles n’accueillent pas de client.

Dans les Territoires palestiniens, l’état d’urgence dans le cadre de la lutte contre le Covid-19 a été prolongé le 4 septembre pour une durée d’un mois. Les rassemblements importants sont interdits et les déplacements d’un gouvernorat à l’autre demeurent limités. Le Covid-19 a “aggravé les conditions économiques désastreuses” dans les Territoires palestiniens, qui allaient déjà “de mal en pis avant la pandémie”, selon le dernier rapport des Nations unies.

Rive africaine

Début septembre, l’Égypte a franchit la barre des 100 000 cas de contaminations au Covid-19. Depuis le 1er juillet, le gouvernement a autorisé la réouverture partielle des mosquées, des églises, des cafés et des restaurants ainsi que des lieux culturels. Il a annulé le couvre-feu et rouvert les aéroports et l’espace aérien. Des experts médicaux craignent toutefois l’arrivée d’une nouvelle vague de contaminations.

Début septembre, la Libye a enregistré le taux de progression de contaminations le plus élevé d’Afrique du Nord. Après l’annonce du premier cas en mars, les autorités libyennes ont verrouillé les frontières du pays, fermé les écoles et les mosquées, interdit les rassemblements publics et imposé un couvre-feu afin de réduire les infections. Minée par les violences et les luttes de pouvoir depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi, tué à la suite d’une révolte populaire en 2011, la Libye souffre de pénuries qui ne font que s’aggraver en raison de la pandémie.

La Tunisie a dépassé le cap des 10 000 cas confirmés. Depuis le 26 août, tous les voyageurs entrant dans le pays, quelle que soit leur provenance ou nationalité, doivent présenter un test PCR négatif au Covid-19, réalisé moins de 72 h avant le premier embarquement et ne pas dépasser les 120 h à l’arrivée sur le territoire tunisien. En complément de ce test PCR négatif à présenter, l’entrée est assortie de mesures d’auto-isolement déterminées en fonction d’un classement des pays de provenance en trois zones (verte, orange et autres pays). Le chef du gouvernement, Hichem Mechichi, a également décidé d’intensifier les campagnes visant à faire respecter le protocole sanitaire, notamment en ce qui concerne le port du masque obligatoire dans les administrations et les lieux publics. Il a cependant affirmé qu’un reconfinement n’était pas envisageable.

L’Algérie a franchi le 21 septembre le cap des 50 000 cas de nouveau coronavirus recensés depuis le début de l’épidémie dans le pays fin février, mais il enregistre une baisse continue du nombre d’infections quotidiennes. Le nombre de contaminations officiellement déclarées poursuit sa décrue depuis le mois d’août avec 197 nouveaux cas enregistrés en 24 heures, contre un record de 675 le 26 juillet. En raison de cette baisse, les autorités ont décidé d’assouplir, le 31 août, les mesures de confinement adoptées pour empêcher la propagation du nouveau coronavirus dans le pays, après une baisse des contaminations. Le nombre des wilayas (préfectures) où un couvre-feu est en vigueur de 23 h à 6 h est passée de 29 à 18, sur un total de 48, à la faveur d’une “nette amélioration” de la situation sanitaire. Dans tout le pays, le port du masque est obligatoire sur la voie et dans les lieux publics, sur les lieux de travail ainsi que dans tous les espaces ouverts ou fermés recevant le public. L’interdiction de tous les rassemblements, notamment à l’occasion des mariages et des circoncisions mais aussi les manifestations politiques, est maintenue jusqu’au 30 septembre. Depuis le 15 août, les autorités ont rouvert progressivement les mosquées de plus de 1 000 places, les plages et autres lieux de récréation et de détente. Mais toutes les frontières restent fermées jusqu’à nouvel ordre.

La pandémie continue de progresser au Maroc. L’état d’urgence sanitaire, en vigueur depuis le 20 mars 2020, a été prolongé jusqu’au 10 octobre. Le 7 septembre, les autorités marocaines ont également adopté des mesures restrictives pendant 14 jours au niveau de la préfecture de Casablanca avec la fermeture de tous les accès de la ville et l’obligation d’une autorisation d’accès délivrée par les autorités locales, la fermeture de tous les établissements d’enseignement, tous niveaux confondus, des marchés de proximité à partir de 15 h, des cafés et des commerces à partir de 20 h, et des restaurants à partir de 21 h. Les déplacements sont également interdits entre 22 h et 5 h du matin, sauf pour le personnel de santé, de la sûreté ainsi que les employés dans des secteurs sensibles. Le Maroc a aussi placé, au cours des dernières semaines, en quarantaine partielle certains quartiers (à Tanger, Fès, Marrakech, Beni Mellal, Rabat et Salé) et a fermé l’accès à plusieurs plages situées sur le littoral entre les régions de Tanger et d’Agadir.


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