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Alstom-Bombardier : l'Union européenne donne son feu vert à la création d'un géant ferroviaire

La Commission européenne a autorisé vendredi le rachat par Alstom de la branche transports du canadien Bombardier, donnant naissance à un géant du rail, un an et demi après le mariage avorté du groupe français avec Siemens.

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Feu vert à la fusion entre deux géants du rail. La Commission européenne a autorisé sous conditions, vendredi 31 juillet, le rachat, par Alstom, de la branche transports du canadien Bombardier, donnant naissance à un géant du rail, un an et demi après le mariage avorté du groupe français avec Siemens.

Avant les cessions concédées pour satisfaire Bruxelles, le nouvel ensemble emploie environ 76 000 salariés pour un chiffre d’affaires de 15,5 milliards d’euros. En rachetant Bombardier, Alstom a pour objectif de concurrencer le chinois CRRC, numéro un mondial du secteur.

“Un dialogue de confiance”

“Grâce à l’ensemble complet de mesures correctives proposé pour résoudre les problèmes de concurrence dans les secteurs des trains à très grande vitesse, des trains de grande ligne et de la signalisation grandes lignes, l’opération a pu être examinée et autorisée rapidement par la Commission”, s’est félicitée la vice-présidente de l’exécutif européen, Margrethe Vestager, citée dans un communiqué.

Dans la matinée, le patron d’Alstom, Henri Poupart-Lafarge, avait assuré attendre “avec confiance” la décision de la Commission. “Le dialogue avec Bruxelles a été extrêmement fluide, extrêmement rapide, puisque nous avons annoncé la transaction avec Bombardier au mois de février, donc cinq mois après nous avons la décision”, avait-il souligné.

“Je crois qu’il y a un dialogue de confiance qui a pu se nouer. Est-ce que c’est la conséquence des difficultés du précédent dossier [avec Siemens] ou pas ? Je n’en sais rien”, avait-il ajouté. Afin de laisser de la place à ses rivaux, Alstom a proposé plusieurs engagements à la Commission européenne, gardienne de la concurrence en Europe, notamment la cession de son site de production de Reichshoffen, situé en Alsace, qui emploie 780 salariés.

Si elle avait craint un impact néfaste du projet pour la concurrence, la Commission aurait pu, avant de se prononcer définitivement, lancer une enquête plus approfondie, qui aurait duré environ quatre mois.

L’opération doit être finalisée au premier semestre 2021

Alstom avait notifié mi-juin à Bruxelles le projet de rachat de son concurrent Bombardier Transport pour 6 milliards d’euros, une opération qui doit être finalisée au premier semestre 2021.

Les deux groupes disposent d’un quasi-monopole sur le matériel roulant en France, où ils collaborent régulièrement comme sur le métro et le RER de Paris.

La menace de la concurrence chinoise avait déjà été évoquée pour justifier la reprise d’Alstom par l’allemand Siemens, une opération qui avait été bloquée en février 2019 par la Commission, Bruxelles craignant une position trop dominante en Europe dans la signalisation ferroviaire et les trains à grande vitesse.

L’UE ne doit pas aider à la constitution de champions industriels “biberonnés et chouchoutés”, mais laisser la concurrence stimuler leur création, avait alors répondu Margrethe Vestager à ceux qui avaient contesté sa décision, notamment en France.

Pour ce qui est d’Alstom et de Bombardier, les chevauchements d’activité étaient, de fait, beaucoup moins grands qu’avec le groupe allemand, ce qui a facilité l’approbation de l’opération.

Avec AFP


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