Discours du Commissaire Breton lors de la conférence de presse sur l’accroissement de la capacité d’InvestEU – Le Globe France '

Discours du Commissaire Breton lors de la conférence de presse sur l’accroissement de la capacité d’InvestEU

“Thank you all for being once again together online.

“And thank you Paolo, I am extremely happy to be here today with you. D’abord parce que tu parles très bien français, donc je vais pouvoir le faire en français.

“Mais la vraie raison, c’est parce que vous avez devant vous deux commissaires qui ont travaillé, ce qui est normal dans le cadre de la collégialité, mais là particulièrement depuis le début de la crise, main dans la main. Je voulais le signaler car cela a été un moment très important dans la tragédie dans laquelle nous vivons, qui nous a permis d’avoir une approche rationnelle. Dans ces moments ô combien irrationnels, c’est nécessaire d’essayer de comprendre la réalité de ce qu’il se passe quand tout est autant inédit, incertain, soudain.

“Paolo Gentiloni et moi-même nous sommes réunis très vite et nous nous sommes dit qu’il fallait absolument qu’on essaie de mesurer l’impact.

“Les équipes de Paolo font partie des meilleurs macro-économistes, et moi j’apporte la connaissance du marché et des entreprises. Et on s’est dit qu’il fallait qu’on ait des approches différentes : de haut en bas pour les équipes de Paolo, et de bas en haut pour nos équipes du marché intérieur.

“L’élément très important, c’est évidemment lorsque le Président Charles Michel, au nom de l’ensemble des Etats Membres, a mandaté la Commission pour faire précisément cette évaluation.

“Evidemment, je ne dirais pas qu’on était prêts mais on avait bien enclenché la réflexion. On avait du reste signalé l’un et l’autre que l’on estimait, en regardant ce qui se passait à l’extérieur, qu’il faudrait peut-être, entre les investissements publics et les investissements privés, par rapport à ce qui avait déjà été fait, à peu près 10% du PNB européen qu’il fallait essayer d’atteindre.

“On a travaillé et, je tiens à vous le dire, cet assessment (évaluation) a été fini, puisqu’il a été demandé par le Conseil européen. Cet assessment a été fait et il converge. C’est surtout ça qui est important : c’est qu’on a la même vue quand on prend les paramètres et l’impact macro-économiques que vient de rappeler Paolo Gentiloni, et l’impact microéconomique, directement sur notre vie, sur nos entreprises, sur l’aspect social. Il converge et on a pu avoir ici un instrument pour calibrer notre réponse. Et c’était le deuxième volet de la demande qui nous a été faite : proposer une solution, un fonds de relance qui soit à la hauteur de l’impact.

“C’était un travail à la fois économique et scientifique car on l’a fait de la façon la plus méticuleuse possible. C’est ce travail qui nous a permis de présenter un calibrage conforme aux attentes que nous voyons, même si ceci présuppose que nous sortions de la crise progressivement et que nous n’ayons pas de nouveau pic, ce que l’on souhaite tous. C’est pour ça que j’incite tout le monde à sortir avec précaution, comme c’est demandé par l’ensemble des Etats Membres à juste titre.

“C’est ceci qui nous a permis d’avoir cette présentation faite par la présidente von der Leyen, qui est toute à fait inédite et symbolique, même historique, puisqu’il s’agit de lever sur les marchés 750 milliards d’euros. Mais aussi d’avoir une capacité, une force de frappe qui est inclue dans les 500 milliards, à hauteur de plus de 60 milliards pour pouvoir aller contribuer à bras de levier, important même s’il est raisonnable, et qui nous permet d’atteindre, entre l’investissements privé et l’investissement public, le montant que nous avions identifié, c’est-à-dire autour de 10% du PNB européen.

“Alors dans cette fenêtre, et notamment InvestEU qui est quasiment doublé, un effort tout à fait considérable, qui va nous donner un moyen d’agir très important, il y a une nouvelle fenêtre par rapport aux 4 autres précédentes : c’est la fenêtre stratégique. Parce qu’évidemment, dans la situation que nous vivons, il faut intervenir, il faut éviter la fragmentation du marché intérieur. Cela a été ce qui nous a guidé, et je le redis avec force, d’une part,il faut éviter la fragmentation macro-économique mais aussi la fragmentation microéconomique, c’est-à-dire celle du marché intérieur, où on a vu éventuellement des différences apparaitre, notamment celles dont vous a parlé ce matin notre collègue Margrethe Vestager, précisément pour compenser ces différences.

“Mais il y a aussi d’autres vulnérabilités qui apparaissent, et notamment la fragilité artificielle, temporaire, conjoncturelle, de certaines de nos entreprises importantes, clés pour la souveraineté de notre continent européen. On peut penser à la santé, c’est apparu de façon très claire, mais on peut penser également aux technologies clés, celles du numérique mais aussi celles de demain, la technologique quantique, celle de l’espace, celles liées à notre forte ambition du pacte vert.

“Toutes ces entreprises qui se sont développées ont vu leur croissance être profondément réduite pendant cette période, avec leur capacité d’investissement réduite à zéro pour beaucoup d’entre elles. On ne parle pas que de grands groupes mais aussi de PME, d’ETI, voire de start-ups ; on sait que c’est la richesse de demain.

“Là aussi, nous ne sommes pas naïfs. Nous nous donnons les moyens de protéger ce qui fera l’industrie de demain dans la reconquête, que nous avions présenté le 10 mars dernier, du projet industriel pour l’Union européenne.

“Cette fenêtre, comme l’a rappelé Paolo Gentiloni, c’est 31 milliards d’euros de garanties, ce qui, avec des leviers conservateurs, nous donne une force de frappe très significative, à hauteur de 150 milliards d’euros pour intervenir directement auprès de ces entreprises rendues momentanément vulnérables, y compris en capital, en equity, mais aussi en prêt.

“C’est un peu une accélération des tendances que nous voyons : c’est vrai pour la numérisation, pour l’environnement et le pacte vert, et c’est vrai aussi pour notre souveraineté. Le moment est venu de penser le projet européen comme un vecteur de “hard power” en complément de son projet de “soft power”. Ce bras armé nous permettra de le faire.”

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