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Un an après la mort d'un chercheur irakien de renom, Bagdad annonce l'arrestation de ses tueurs

En Irak, le Premier ministre a annoncé, vendredi, l’arrestation des tueurs d’un chercheur irakien, un an après son assassinat. Une affaire qui avait eu un fort retentissement dans le pays. Hicham al-Hachémi, spécialiste internationalement reconnu des mouvements jihadistes et figure respectée de la société civile, avait été tué le 6 juillet 2020, devant son domicile, à Bagdad.

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C’est une affaire qui avait fait grand bruit en Irak. Un an après l’assassinat d’Hicham al-Hachémi, un chercheur irakien très respecté dans le pays, le Premier ministre Moustafa al-Kazimi a annoncé, vendredi 16 juillet, l’arrestation de ses tueurs. Le principal suspect a été identifié comme un policier, selon des “confessions” diffusées par la télévision d’État.

“Nous avions promis de capturer les tueurs de Hicham al-Hachémi. Nous avons tenu cette promesse”, a déclaré Moustafa al-Kazimi sur Twitter. 


Quelques instants plus tard, la télévision d’État a diffusé un reportage et les “confessions” de l’homme présenté comme le principal auteur de l’assassinat : Ahmad el-Kenani, un policier de 36 ans, engagé dans les forces de l’ordre depuis 2007. Cet homme brun y déclare avoir tiré le coup de feu mortel. Au total, quatre hommes ont été arrêtés, selon la télévision d’État.

Critique du gouvernement

Hicham al-Hachémi, spécialiste internationalement reconnu des mouvements jihadistes et figure respectée de la société civile, a été tué le 6 juillet 2020 par des hommes à moto, devant son domicile, à Bagdad.

Son assassinat avait profondément choqué en Irak et, le 6 juillet dernier, un rassemblement à sa mémoire a été organisé à Bagdad, sur la place Tahrir, cœur du soulèvement populaire de fin 2019.

Le chercheur avait vigoureusement pris position en faveur de ce mouvement, qui dénonçait la corruption dans le pays, réclamait une refonte totale du système politique et fustigeait la mainmise iranienne sur Bagdad.

>> À lire : Frondes en Irak et au Liban : “L’Iran se retrouve en porte-à-faux dans sa sphère d’influence”

Le mouvement a été écrasé dans le sang, au moins 600 morts et plus de 30 000 blessés. Depuis, des dizaines d’opposants irakiens ont été assassinés ou enlevés, parfois brièvement.

Il y a quelques jours, un jeune journaliste, Ali al-Mikdam, a disparu pendant 24 heures dans la capitale avant d’être retrouvé. Ce militant, connu pour son opposition aux factions pro-Iran, a déclaré avoir été kidnappé et battu.

Influence iranienne sur Bagdad

Jusqu’à présent, aucun auteur de ces meurtres ou enlèvements n’a été poursuivi, les défenseurs des droits humains dénonçant une “impunité totale en Irak”.

“Nous avons arrêté des centaines de criminels”, a assuré Moustafa al-Kazimi dans son tweet, sans plus de précisions. “Peu nous importe ce que disent les médias : nous remplissons nos devoirs au service du peuple et de la justice”, a-t-il ajouté.

Les arrestations annoncées jeudi “sont un pas positif pour mettre fin à l’impunité et nous espérons que tous les cas de violence seront élucidés, et que leurs auteurs rendront des comptes”, a réagi auprès de l’AFP le docteur Ali al-Bayati, membre de la Commission irakienne pour les droits de l’Homme, un organe indépendant.

Nombre de militants et d’opposants irakiens ont fui le pays depuis fin 2019, ou ont trouvé refuge dans la région autonome du Kurdistan irakien (nord).

Si les meurtres n’ont jamais été revendiqués, les militants accusent les factions pro-iraniennes toutes puissantes en Irak d’en être les responsables.

Selon une source de sécurité interrogée par l’AFP, le policier qui a avoué avoir tué Hicham al-Hachémi est proche des brigades du Hezbollah, l’un des groupes les plus puissants de la coalition pro-iranienne du Hachd al-Chaabi. Le Hachd, force incontournable en Irak, est intégré dans les forces de sécurité irakiennes.

Fin mai, un commandant influent du Hachd, Qassem Mouslah, soupçonné du meurtre d’une figure de la contestation antipouvoir, avait été arrêté. Mais il a été relâché, officiellement pour manque de preuves, deux semaines plus tard, après une démonstration de force de ses partisans à Bagdad.

Avec AFP


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