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France : le généticien et essayiste Axel Kahn est mort, emporté par un cancer

Le médecin généticien et essayiste Axel Kahn est mort à l’âge de 76 ans après avoir lutté contre un cancer, a annoncé mardi la Ligue contre le cancer, dont il avait récemment quitté la présidence à cause de sa maladie.

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Le médecin généticien et essayiste Axel Kahn est mort à l’âge de 76 ans après avoir lutté contre un cancer, a annoncé mardi 6 juillet la Ligue contre le cancer, dont il avait récemment quitté la présidence à cause de sa maladie.

“C’est avec tristesse et émotion que la Ligue contre le cancer vient d’apprendre le décès d’Axel Kahn”, a indiqué l’association sur Twitter.

“Rendre hommage à l’homme, c’est d’abord épouser ses combats, saluer cette vie qui avait valeur d’exemple et faire nôtres ses engagements”, a réagi dans la foulée le Premier ministre Jean Castex sur Twitter.

>> À voir, notre Entretien de novembre dernier avec Axel Kahn : “Les résultats annoncés par Pfizer et Moderna semblent extrêmement intéressants”

La Ligue contre le cancer avait annoncé le 11 mai qu’Axel Kahn allait se mettre en retrait en raison d’un “cancer qui s’est aggravé récemment”. Le 1er juin, le généticien avait officiellement quitté la présidence de l’association, qu’il occupait en tant que bénévole depuis juin 2019.


De multiples travaux sur les maladies génétiques

Père de quatre enfants, Axel Kahn était également le frère cadet du journaliste Jean-François Kahn.

Né le 5 septembre 1944 en Touraine, docteur en médecine et docteur ès sciences, Axel Kahn a été directeur de recherche à l’Inserm, directeur de l’Institut Cochin (2002-2007), président de l’université Paris-Descartes (2007-2011) et président de la Ligue nationale contre le cancer.

Il était spécialiste des maladies génétiques, notamment hématologiques. Ses travaux (cancer du foie, expression des gènes, thérapie génique…) avait fait l’objet de près de 600 articles dans des revues internationales ainsi que de nombreux ouvrages.

Parmi ses nombreux livres, reflétant sa passion de l’éthique et de la philosophie : “Et l’Homme dans tout ça ?” (éd. Nil, 2000), “L’homme, ce roseau pensant” sur “les racines de la nature humaine” (éd. Nil, 2007), ainsi que “Et le bien dans tout ça” (éd. Stock, 2021).

En mars 2020, après le scandale provoqué par les conditions indécentes de conservation des corps donnés à la science au Centre du don des corps de Paris-Descartes, la radio France Inter avait assuré que le Pr Kahn avait été mis au courant de ces graves problèmes quand il présidait l’université. Il avait contesté ces affirmations.

Certains plaignants, notamment réunis au sein de l’association Charnier Descartes – Justice dignité (CDJD), estimaient toutefois qu’il faisait partie de ceux qui n’avaient pas suffisamment agi.

“Je ne ressens aucune anxiété”

Après l’annonce de sa maladie, le professeur Kahn s’était exprimé à de nombreuses reprises dans les médias, sur Twitter et sur son site Internet pour livrer ses sentiments à l’approche de la mort, en se surnommant “Axel le loup”.

“Que mes enfants me souhaitent “bonne fête, papa” donne tout son sel à la vie. On a pas à apprendre à mourir. C’est inné. Apprendre à vivre à proximité de la mort est un superbe défi. Je le relève”, avait-il par exemple twitté le 20 juin pour la fête des pères.

Sa dernière “Chronique apaisée de la fin d’un itinéraire de vie” avait été publiée sur son site Internet le 22 juin. “Je requiers mille pardons, ma priorité a cessé, cessera d’être le sérieux de l’analyse des situations, elle est la maîtrise de la douleur chez les autres et chez moi”, écrivait-il.

Axel Kahn écrivait en mai dernier sur son blog qu’il éprouvait une “totale sérénité” face à la perspective de la mort. “En fait, je ne ressens aucune anxiété. Ni espoir – je ne fais toujours pas l’hypothèse du bon Dieu –, ni angoisse. Un certain soulagement plutôt”, disait-il.

Dans un autre post de blog, le professeur indiquait que son état de santé s’était “très rapidement dégradé début avril 2021”. Et il expliquait : “Une seconde forme de cancer très agressive m’assaille, sa progression est rapide, elle a toutes les chances d’être victorieuse à relativement court terme.”

Axel Kahn ajoutait au sujet de ses dernières semaines à venir : “Il est possible ‘d’être humain, pleinement’, jusqu’au bout du chemin. Le temps étant compté, s’efforcer de faire de chacun de ses pas une action utile à ce qui vaut pour soi, utile aux combats menés, est un défi exaltant. Intéressant, ai-je dit, vraiment. C’est aussi un chemin que l’on parcourt seul, la marche solitaire ne me fait pas peur.”

Avec AFP


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