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Israël: Le chef de l’opposition Yaïr Lapid dit avoir réuni les voix pour former un gouvernementnt

Les adversaires de Benjamin Netanyahu ont atteint leur objectif : déloger le Premier ministre israélien sortant du pouvoir. Le chef de l’opposition israélienne, Yaïr Lapid, a notifié, mercredi 2 juin, le président Reuven Rivlin qu’il disposait d’une coalition pour former un nouveau gouvernement.

Le chef de l’opposition israélienne Yaïr Lapid a appelé tard mercredi soir le président Reuven Rivlin pour lui annoncer qu’il avait réuni les appuis nécessaires à la formation d’un gouvernement anti-Netanyahu, ont indiqué ses services dans un communiqué.

Yaïr Lapid, qui avait jusqu’à 23 h 59 (20 h 59 GMT) pour signifier au président qu’il avait réuni ces voix, a fait cette annonce après avoir rallié dans la soirée des partis de droite et la formation arabe israélienne Raam pour soutenir son futur gouvernement.

Ralliement de dernière minute et à la portée historique, la formation de l’islamiste Mansour Abbas a scellé le sort du Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu.

“J’ai signé un accord avec (le centriste) Yaïr Lapid (…) après que nous soyons parvenus à un nombre important d’accords sur différents sujets qui servent les intérêts de la société arabe”, a-t-il dit dans une déclaration télévisée.

Naftali Bennett (à gauche), ancien ministre israélien de l'Éducation, ici à Jérusalem le 14 mai 2018, et le leader du parti centriste Yesh Atid, Yaïr Lapid (à droite), ici à Tel Aviv le 24 mars 2021.
Naftali Bennett (à gauche), ancien ministre israélien de l’Éducation, ici à Jérusalem le 14 mai 2018, et le leader du parti centriste Yesh Atid, Yaïr Lapid (à droite), ici à Tel Aviv le 24 mars 2021. © Ammar Awad/Amir Cohen, Reuters

Son parti rejoint ainsi les formations de gauche et du centre qui avaient déjà signé dans la journée le projet de coalition porté par le chef de l’opposition.

Statu quo dans le conflit avec les Palestiniens, relance économique, place de la religion : tout divise sur le papier la coalition hétéroclite anti-Netanyahu en dehors de sa volonté de faire tomber le Premier ministre, arrivé au pouvoir il y a 25 ans, de 1996 à 1999, puis reconduit à son poste en 2009, et inculpé pour corruption.

Ces pourparlers autour de Yaïr Lapid duraient depuis la décision lundi de Naftali Bennett de rallier le camp anti-Netanyahu.

Naftali Bennett est pressenti comme futur Premier ministre dans le cadre d’une rotation au pouvoir prévue dans le projet de coalition.

Fortes tensions

Yaïr Lapid a été chargé mi-mai de former un gouvernement après l’échec de Benjamin Netanyahu à le faire, dans la foulée des élections de mars.

Selon la presse israélienne, le président du Parlement, Yariv Levin (Likoud), pourrait être tenté de faire traîner de quelques jours supplémentaire l’organisation du vote de confiance au Parlement, espérant dans cet intervalle des défections dans le camp anti-Netanyahu.

Jugé pour “corruption” dans trois affaires, Benjamin Netanyahu est le premier chef de gouvernement israélien à faire face à des poursuites pénales en cours de mandat. S’il quitte le pouvoir il devient simple député et ne pourra plus user de son influence pour tenter de faire passer une loi pour le protéger de ses ennuis judiciaires.

Dans ce climat de fortes tensions où un possible accord de gouvernement étaait dénoncé comme une “trahison” par les pro-Netanyahu, la sécurité de Naftali Bennett et Yaïr Lapid a été renforcée.


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