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Le col de la Loze, sommet et point d'orgue du Tour de France 2020

Mercredi, pour la 17e étape du Tour de France, les coureurs se frotteront pour la première fois de l’histoire au col de la Loze, entre Courchevel et Méribel. Le point culminant de l’édition 2020 (2 304 mètres) a tout pour devenir un sommet légendaire de la Grande Boucle.

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C’est l’étape-reine du Tour de France 2020. La 17e étape, entre Grenoble et Méribel, ressemble à une torture minutieusement pensée pour faire souffrir les coureurs. Après avoir emprunté le col de la Madeleine, un classique de la Grande Boucle, ils se cogneront la tête contre le col de la Loze, une montée inédite de 21,5 km, une pente moyenne à 8 % mais avec des passages à 20 %. Il sera le toit du Tour 2020 avec son arrivée à 2 304 mètres d’altitude.

“Un col différent”

En octobre 2019, lors de la présentation du tracé du Tour, le directeur de l’épreuve, Christian Prudhomme, affirmait enthousiaste qu’il s’agissait du “prototype du col du XXIe siècle”.

Ce tracé n’a été goudronné qu’au printemps 2019. C’était auparavant un simple chemin de terre et de gravier permettant aux engins d’aller réparer les remontées mécaniques dans le Domaine des 3 Vallées. Sur les derniers kilomètres, aucun véhicule n’est autorisé : seuls les vélos ont droit de passage.

Une fermeture au trafic routier qui change la donne, comme le souligne le directeur du Tour lors d’une interview au Dauphiné :

Le profil de l'ascension du col de la Loze.

Le profil de l'ascension du col de la Loze.

Le profil de l’ascension du col de la Loze. © ASO

“C’est un col totalement différent de tout ce qu’on peut connaître en France et cela pour une raison très simple : il n’a pas été fait pour les voitures mais goudronné pour les vélos. La conséquence, ce sont des ruptures de pente incessantes alors que les cols routiers sont davantage lissés”, explique-t-il, “Ce col est vraiment fou. C’est une succession de murs entre 1 700 et 2 300 mètres d’altitude. On espère une arrivée folle dans un cadre enchanteur.”

Entre la Madeleine, le Tourmalet, le Grand Colombier (escaladé lors de la 15e étape), l’Alpe d’Huez… Le Tour de France n’est pas avare en cols légendaires mais avec le col de la Loze, la Grande Boucle tient-elle là son Zoncolan ou son Angliru, les terrifiantes montées mythiques du Tour d’Italie et du Tour d’Espagne ?

“Je ne sais pas si on peut les comparer mais c’est un col vraiment différent”, soutient Christian Prudhomme.

Un col vraiment difficile notamment en termes de souffle

Pour le moment, le col n’a été emprunté qu’une seule fois en compétition officielle : c’était en août 2019 lors du Tour de l’Avenir, qui rassemble chaque année les meilleurs espoirs du cyclisme mondial.

Et c’est Bernard Hinault, dernier vainqueur français du Tour de France (1985), présent lors de cette course, qui l’a recommandé à Christian Prudhomme :

“Quand je suis venu, je m’attendais à quelque chose de formidable et j’ai trouvé quelque chose d’encore mieux”, se rappelle ce dernier.

Cette année-là, le jeune coureur d’AG2R La Mondiale, Clément Champoussin, était présent.

“C’est un col vraiment difficile. Dès qu’on a passé l’altiport de Méribel, la pente devient rapidement très raide. Les difficultés s’enchaînent et le final, à une altitude plutôt élevée pour faire du vélo, rajoute de la difficulté en termes de souffle. C’est vraiment très intense”, se remémore-t-il, interrogé par le Parisien.

“Une boucherie”

La municipalité de Brides-les-Bains, déjà célèbre pour ses cures thermales au cœur du domaine skiable des 3 Vallées, veut capitaliser sur ce nouveau col du Tour de France pour attirer en masse des coureurs amateurs en mal de sensations fortes. Trois jours avant le passage de la Grande Boucle, elle a organisée une randonnée cyclosportive pour offrir aux amateurs la possibilité d’escalader le col de la Loze. Deux-cent cinquante neufs personnes ont répondu à l’appel du sommet.

“Les cyclosportifs ont trouvé la montée pleine de surprises. On se demande perpétuellement quand on va enfin arriver au bout. Le groupe ‘Donnons des elles au vélo’, une association de femmes qui fait les étapes du Tour avant les coureurs pour donner la visibilité au cyclisme féminin, m’a carrément dit : ‘c’est une boucherie'”, sourit Bénédicte Breuls, directrice de l’office de tourisme de Brides-les-Bains, interrogé par France 24. “Le décor est merveilleux. Les participants arrivent épuisés mais heureux.”

“Le sélectionneur de l’Équipe de France et consultant pour France TV, Thomas Voeckler, est venu reconnaître le col pour un reportage. Il a parlé d’une ascension atypique et surprenante. Il est pressé de voir comment les coureurs vont réagir dessus”, continue-t-elle.

Sur le papier, ce terrain de jeu devrait être favorable aux purs grimpeurs et notamment les Colombiens, habitués à évoluer à plus de 2 000 mètres d’altitude. Il pourrait être l’occasion pour un des favoris en perdition comme Thibaut Pinot ou encore Egan Bernal de s’offrir une victoire d’étape de prestige, à défaut d’un maillot jaune. À moins que la Jumbo-Visma de Primoz Roglic ne cadenasse à nouveau la course pour éviter au maillot jaune slovène d’être dépassé par son compatriote Tadej Pogacar, deuxième du général à seulement 40 secondes.

>> À lire aussi : L’insolente supériorité de la Jumbo-Visma et leur “cyclisme total”

Le cycliste français Julian Alaphilippe estime qu’il sera l’occasion d’une explication entre les favoris du Tour.

“Pour moi, [ce col] a toutes les chances d’être le théâtre d’une victoire des favoris au classement général”, estime le coureur de la Deceunick-Quickstep.

Emmanuel Macron, pour sa part, ne s’est pas trompé de date. C’est cette étape qu’il a choisie pour sa visite annuelle sur l’épreuve. Lors de sa précédente visite en 2019, Thibaut Pinot, s’était imposé. Un signe ?


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