E-Sport : les amateurs de football et de jeux vidéo ont leur Euro-2020

La version “eFoot” de l’Euro-2020 se joue en ligne ce week-end avec les 16 nations qualifiées. Une compétition qui devrait rencontrer un fort intérêt, en raison du report des championnats de football dans la plupart des pays.  

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L’Euro-2020 étant repoussé en raison de la pandémie de coronavirus, les espoirs de trophée de la France en 2020 ne reposent plus sur les crampons de Kylian Mbappé mais sur les fulgurances de deux as de la manette sur le jeu Pro Evolution Soccer, samedi 23 et dimanche 24 mai.

“C’est ça, tout repose sur nous !”, confirme Lotfi Derradji, 21 ans, l’un des deux joueurs de l‘équipe de France eFoot, considérée comme le “grand favori” du premier “eEuro” de l’histoire. “On reçoit pas mal de messages de gens qui se sont passionnés pour cette compétition. On va représenter les Français à travers la console”, renchérit son coéquipier Walid Rachid Tebane, 26 ans, triple champion du monde de la discipline en individuel.

En jeu ? Un titre prestigieux, évidemment, mais aussi un “prize money” de 40 000 euros pour les gagnants, une somme non négligeable pour des joueurs dont le salaire mensuel en club varie entre 2 000 et 6 000 euros.  

Griezmann sur le terrain virtuel

La compétition entre les 16 nations qualifiées devait avoir lieu à Londres entre les demi-finales et la finale de l’Euro-2020 dans une ambiance surchauffée. Mais la crise sanitaire a bouleversé les plans. “On est un peu déçu mais d’un autre côté, c’est une bonne chose : les yeux seront plus rivés sur nous”, espère Lotfi, qui s’est notamment entraîné avec le joueur français Antoine Griezmann, grand amateur de jeu vidéo, durant le confinement.

Dans un contexte d’arrêt quasi généralisé des compétitions depuis mars, avec seulement une reprise toute récente en Allemagne, les passionnés de foot international seront-ils prêts à suivre l’eEuro ? “On a vu la multiplication de compétitions de esport lors des deux-trois derniers mois parce que c’était une alternative pour les fans et les sportifs”, explique Guy-Laurent Epstein, directeur marketing de l’UEFA, évoquant les exemples de la Formule 1 et du tennis “qui ont eu une audience assez significative”. 

“On se rend compte finalement que les fans sevrés de sport seraient prêts à regarder des compétitions de esport, alors qu’ils ne l’avaient jamais envisagé avant”, ajoute-t-il.

Avec une diffusion “la plus globale” possible via ses diffuseurs TV habituels, les canaux numériques de ses sponsors et les réseaux sociaux de ses fédérations membres, l’objectif de l’UEFA est de réunir au “minimum 4 millions de personnes en cumulé sur les deux jours” du tournoi. Pour cela, l’instance européenne mise sur l’engouement de “pays qu’on n’a pas l’habitude de voir en phase finale de nos compétitions habituelles”, comme le Luxembourg, et un format attrayant, où chaque participant joue avec la nation qu’il représente.                  

Une opportunité de rayonnement

Face à la Grèce, Israël et l’Autriche en poules, les Bleus joueront chacun un “simple” en additionnant les scores des deux matches. En cas d’égalité, la confrontation se règle par un troisième match d’appui. 

Et pour ne pas favoriser les grandes nations ayant les meilleurs effectifs du jeu, le niveau global des équipes a été harmonisé tout en gardant l’identité de chaque joueur.  “Un Mbappé sera toujours plus fluide qu’un Mitroglou (Grèce) par exemple, mais par contre il ne sera pas plus fort que lui”, explique Lotfi Derradji.

Un système égalitaire susceptible de rendre l’eEuro aussi attractif que le “vrai” Euro d’ici 10 ou 20 ans ? “Non, cela ne remplacera jamais le football ! On ne va pas se mentir”, estime Walid Rachid Tebane. “Ce n’est pas facile pour les gens d’accepter qu’il peut y avoir de la compétition pour des personnes assises.”

Au lieu de voir l’émergence de l’esport, notamment via des jeux comme Fornite ou League of Legends, comme “un risque” concurrentiel, l’UEFA veut plutôt s’en saisir “comme une opportunité” de rayonnement pour ses “compétitions majeures”, à l’image de la Ligue des champions, qui possède aussi son e-tournoi depuis 2019. 

“On s’engage avec l’esport pour compléter ce que l’on fait au niveau du football réel”, explique Guy-Laurent Epstein. “On va continuer à investir dans le futur, aucun doute là-dessus. Je pense qu’il y aura un gros boom à la suite de cet eEuro.”

Avec AFP


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